Eklablog Tous les blogs Top blogs Religions & Croyances
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Header cover

Paul de Tarse, 2000 ans, un géant grandeur nature (1 de 3)

Un frère franciscain du Canada, Roland Bonenfant ofm, nous permettra de mieux connaître ce témoins du début de la chrétienté.
---------------------------------------

Paul de Tarse, 2000 ans, un géant grandeur nature (I)

 

Voici le premier de 3 articles  sur saint Paul. Aujourd’hui

 

1-Le contexte social où vécut l’apôtre des nations, et plus tard

2-sa vie mouvementée, ses voyages missionnaires, et

3-son message.

 

Le grand saint Paul, apôtre, est fêté cette année, car il est né entre l’an 8 et 10 de notre ère. Avant de présenter cet homme d’envergure, qui a mené le même combat que Jésus contre la divinisation de la loi, et qui a défendu au prix de sa vie le primat de la personne humaine à la manière de Jésus, notons d’abord qu’on lui doit une formule exceptionnelle, qui situe solennellement dans l’histoire la naissance de Jésus : Quand vint la plénitude des temps, Dieu envoya son Fils, né d’une femme, né sujet de la Loi, afin de racheter les sujets de la Loi, afin de nous conférer l’adoption filiale (Ga 4, 4-5). Paul déploie toute sa pensée en parlant de notre condition de vrais fils et filles de Dieu qui crient vers le Père, sous l’inspiration de l’Esprit en nous. (Ga 4, 4). C’est la Foi en lui qui nous sauve.

 

Le contexte social où  vécut Paul

 

            Quand on lit l’Évangile, chaque dimanche, et qu’on dit en ce temps-là, on affirme quoi au juste ? J’ai trouvé dans Fêtes et saisons quelques indications historiques du monde au temps  de Jésus, venu à la plénitude des temps (Ga 4, 4). En ce temps-là, l’empereur Auguste régnait (-63 à +14) sur l’Empire romain. Il a régné durant 41 ans, avec une main de fer : c’était un dictateur, neveu et fils adoptif de Jules César.

 

            L’organisation de l’état romain, avec ses institutions protégées par une armée, était à son apogée ; la démocratie était certes inventée, en Grèce, depuis quelques siècles, mais en était vite retournée, à Rome, à la dictature et à la divinisation de l’autorité.

 

            Malheur à qui s’y opposait et refusait d’adorer l’Empereur ; on le traitait d’athée et on le punissait de mort. Le petit peuple d’Israël, avec sa foi séculaire, résistait avec brio à cette marée de l’orgueil humain ; il était le seul à le faire efficacement, mais il le payait de son sang.

 

            Côté monuments et villes du temps de Paul et de Jésus, on peut dire ceci : le Parthénon d’Athènes avait plus de 400 ans, édifié au temps de Périclès par Phidias, le grand sculpteur (-447 à 438); saint Paul le verra de ses yeux, avec les Cariatides, bien avant les millions de touristes de l’ère moderne. Le grand port d’Alexandrie avait 300 ans.

 

            Mais les Jeux Olympiques avaient plus de sept siècles et se déroulaient à Olympie à tous les 4 ans, entre -776 et +394. La Grande Muraille de Chine avait 200 ans, s’étendant sur 6000 km pour protéger sa population des invasions turques et mongoles.

 

            À titre d’indication d’ordre de grandeur, l’Empire romain, pourtant majestueux, se disloqua après 400 ans, alors que l’Empire chinois dura plus de 2000 ans (de -221 à +1912). Mais ce fut dans le contexte de l’Empire romain et la longue préparation du peuple d’Israël qu’advint la plénitude des temps.

            Les grandes villes du monde d’alors étaient Rome, Athènes, Alexandrie, Jérusalem, Lyon, Marseille. La ville de Paris, appelée alors Lutèce, était un tout petit village, comme Bethléem et Nazareth. L’Égypte était devenue une colonie romaine, comme la Gaule et la Palestine, à la suite du suicide de Cléopâtre (-31), la dernière survivante de la race des Ptolémée, successeur du grand général Alexandre. Alexandrie possédait le plus grand musée du monde, avec son observatoire pour astronomes et sa bibliothèque de 400,000 volumes.

 

            Les deux fils les plus célèbres de la Grèce étaient, en ce temps-là, Euclide, mathématicien, et Archimède, physicien. Mais le Christ Jésus était destiné à être infiniment plus connu et plus important qu’eux et que les grands Empereurs. Paul de Tarse aussi.

 

Sectes au sein du peuple juif

 

            Le peuple juif maintenait sa foi au Dieu vivant, comme le plus prometteur des monuments de pierres vivantes de l’antiquité. Le meilleur de sa tradition était maintenue, pas par tout le monde, mais par les anawim, les pauvres, qui mettent toute leur confiance en Dieu. C’était un peuple qui savait prier. Il y avait la Ville sainte, Jérusalem, avec son Temple et son sanhédrin de 72 membres. Il y avait l’Arche d’Alliance au milieu du temple, comme demeure de Dieu.

 

            On devait observer les dix commandements de Dieu, le sabbat et toutes les grandes fêtes juives (Pâques, les moissons, nouvel an, grand pardon, les récoltes, purification du temple). On attendait un Messie, un autre David établissant la justice définitive.

 

            Jésus a emprunté énormément à la tradition rabbinique, experte en explications de tous les livres saints, midrashs et haggadahs. Le Rabbi Jésus, grand Maître spirituel, emprunta à ce riche courant ses fameuses paraboles, mais en leur donnant une forme exceptionnelle.

 

            Mais hélas ! cinq sectes défiguraient la loi de Moïse, prétendant être fidèles  aux traditions anciennes, mais défigurant par des excès la foi traditionnelle : les Esséniens, les Sadducéens, les Scribes et Pharisiens; deux autres sectes étaient carrément du côté de la violence : les Zélotes et les Sicaires (porteurs de poignards).

 

            Une cinquantaine de ces derniers avaient fait vœu de tuer saint Paul, lors de son transfert de la prison de Jérusalem à celle de Césarée. Ayant eu vent de cette intention, le gouverneur d’alors fit escorter saint Paul par un bataillon de 100 cavaliers à cheval, armés jusqu’aux dents.

 

            C’est avec les Pharisiens et les Scribes que Jésus et Paul eurent à s’affronter et à croiser le fer, au prix de leur vie. Ils furent accusés faussement et condamnés; Paul, pour avoir introduit un païen dans le temple (ce n’était pas vrai); Jésus, pour avoir donné priorité aux personnes plutôt qu’à la Loi, dite de Dieu. Et donc d’avoir blasphémé.

 

            Les Scribes et Pharisiens étaient très versés dans l’interprétation de la Loi, mais tombaient dans une véritable divination de la Loi, surtout celle du sabbat. Ils méprisaient les pécheurs, c’est-à-dire tout le monde qui ne savait pas lire.

 

            Pour s’attirer la faveur populaire, ils avaient extérieurement une vie très austère et généreuse, mais Jésus les démasqua, les traitant d’hypocrites, de sépulcres blanchis, d’avares, de fossoyeurs de la loi de Moïse, d’assassins des prophètes.

 

            C’est de cette secte dont faisait partie le premier Paul de Tarse, et on se rend compte, aux ordres qu’il exécutait pour le sanhédrin en se rendant arrêter et enchaîner les chrétiens de Damas pour les emprisonner à Jérusalem, que cette secte était très violente.

 

            C’étaient les mêmes personnages qui avaient fait exécuter Jésus. C’est dans cet état d’esprit de gens sans doute sincères, mais complètement aveuglés, qu’une Lumière venant du ciel arrêta Saul en ses folies meurtrières et le rendit aveugle complètement durant trois jours.

 

Roland Bonenfant, ofm


Source: Le bulletin Paix et Joie de la régionale de St-Jean-Longueuil et Valleyfiel (Canada)

La suite 2 ICI

Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article