Bonjour !
Dans le climat survolté
des préparatifs de Noël, des partys de bureau, de la course aux cadeaux, il n'est pas évident de faire de l'Avent « le temps du long désir », si bien exprimé dans la liturgie des
heures.
Pourtant, au cœur de ce monde de notre temps, notre regard devrait se porter à l'affût de tout ce qui est beau, bon et vrai dans ces Noëls qu'on dit commerciaux. Ce Dieu qui marche avec
nous, au pas de notre histoire, n'est-il pas capable de faire toute chose nouvelle ? Mais il a besoin de nos mains ! Que la joie des veilleurs d'aurore remplisse le monde
d'espérance !
Avec tendresse, Laurette
GUETTEURS D'AURORE
La fête de Noël pointe déjà à
l'horizon. Qui que nous soyons au fond, l'important est bien sûr, de mettre notre cœur en contact avec ce grand mystère de l'amour de Dieu révélé dans la crèche de Noël.
Laissons donc ce mystère choquer notre vie, notre être : « Dieu se fait homme ».
Nous sommes tellement habitués de répéter : « Dieu s'est fait homme à Noël », que nous ne mesurons plus l'immense portée de ce que nous affirmons : « Dieu a planté sa tente parmi nous ». Dieu nomade, Dieu itinérant. Sa préférence s'oriente vers les cœurs de chair, les tabernacles humains, ces caravanes ambulantes que nous sommes, livrées aux chaos et aux dangers de tous les chemins. Le « sacré », il ne faut pas désormais le chercher seulement dans les églises. Il est inscrit sur le front de toute personne. Image et ressemblance de Dieu, ce lieu est saint. Il est son œuvre et sa demeure.
Le temps de l'Avent est un rendez-vous à ne pas manquer, car Celui qui vient à notre rencontre est un Dieu abandonné à la paille de son étable. Le reconnaîtrons-nous dans la personne de l'itinérant, du sidatique, du marginal, du rejeté de l'élite, là où il surgit, très peu ressemblant à ce que nous imaginons? Il est même chacun d'eux. « Ce que vous avez fait à l'un de ces petits, c'est à moi que vous l'avez fait » (Mt 25, 40).
La liturgique nous invite à enjamber le temps pour porter notre regard sur les siècles écoulés, mais aussi sur ceux qui sont à venir, pour bâtir ensemble, en permanence, un monde d'amour, de justice, de paix. Nous voici donc mobilisés ! Arrachons-nous de nos fauteuils confortables, retroussons nos manches et mettons nos mains à la pâte. Sortons de nos habitudes sclérosées et de nos lamentations stériles. Enlevons les obstacles pour qu'il puisse passer et que nous puissions le rejoindre.
Il s'agit avant tout, de veiller. Non pas comme un soldat qui monte la garde, mais comme un veilleur d'aurore qui attend la levée du jour pour se réjouir et l'annoncer. L'Avent nous garde debout, la lampe allumée, l'œil vif comme celui de la vigie sur sa tour de garde. Lorsque la paupière devient lourde ou que la tête bascule, encombrée par mille soucis, l'exhortation de Jésus nous tire du premier sommeil : « Veillez ! »
Veillez, non pas comme des gens "tannés", écrasés, à bout de souffle, mais comme des personnes vivantes, habitées d'espérance et de joie, croyant profondément que Dieu est à l'oeuvre dans notre monde. On ne dort pas au volant de sa vie! Celui qui vient sans s'annoncer est déjà là, incognito Car Jésus vient à tout instant de notre vie. Sa venue est si simple, si fréquente, qu'elle nous paraît toujours inattendue. Si nous y pensons bien, Noël est déjà là! "Dieu-avec-nous" tous les jours.
Laurette Lepage