AU DELÀ DES APPARENCES
Avoir les yeux fermés
ne veut pas toujours dire qu'on dort,
ni les avoir ouverts qu'on voit.
(Bill Cosby)
Il ne faut pas se fier
aux apparences, on l'entend dire depuis la tendre enfance ! Et pourtant, le monde moderne ne fait qu'amplifier le « ne pas aller au-delà ». Tout va si vite, trop
vite. Nous vivons comme étourdis par la double religion de la vitesse et du temps présent. Dès lors, peu ou pas de recherche ou, sans exagérer, peu de profondeur, obsédés que nous
sommes, à aller de moment en moment, comme en naviguant sur les vagues tranquilles de la surface.
Nous sommes des êtres d'émotions et d'apparence. Qu'on dise ce qu'on voudra, nous ne pouvons faire semblant que le look ne compte pas, même si l'essentiel est relié à nos valeurs, notre âme, notre être intérieur. Qui ne surveille pas son poids, son apparence, sa coupe de cheveux, les rides sur ses yeux ?
Notre société définit les critères culturels de la beauté. La publicité et les autres formes de communication de masse nous disent de quoi nous devrions avoir l'air et ce que nous devrions acheter pour atteindre cette image. Lorsque l'on considère le lien entre l'estime de soi, l'apparence physique et les attitudes sociales, on peut comprendre comment les personnes sont influencées, à différents degrés, par les images de perfection qui nous entourent au quotidien. Celles qui ne correspondent pas à l'image idéale sont souvent l'objet de jugements négatifs et haineux qui font qu'il est plus difficile pour elles de s'aimer et de s'accepter telle qu'elles sont.
La personne humaine est un peu comme un iceberg. La partie invisible sous l'eau est énorme par rapport à celle, visible, à la surface de l'eau. Gare à qui ne voit pas au-delà des apparences ! Gare à qui ne voit que la partie superficielle des gens ! L'important, c'est ce qu'on est, moralement, humainement, et non pas notre physique, notre apparence qui est appelée à se dégrader plus ou moins vite de toute manière.
Laurette Lepage