Bonjour à tous et merci à Suzanne de nous donner la possibilité de faire avec elle et son groupe un magnifique pèlerinage à Assise.
Richard
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PELERINAGE A ASSISE
« SUR LES PAS DE FRERE FRANCOIS ET DE SŒUR CLAIRE »
ARRIVEE ASSISE
« Faire un pèlerinage, c’est faire un voyage à l’intérieur de soi-même, dans la solitude et la fraternité du groupe, dans la nature, par la prière et l’effort partagé. » (Sr Marie-Claire)
Depuis dix ans j’organise un pèlerinage à Assise dont la finalité principale est de découvrir la si belle et si profonde spiritualité de saint François et aussi de mieux comprendre de l’intérieur comment, au cœur de l’exceptionnelle beauté d’Assise et de la plaine d’Ombrie, il nous entraîne sur les pas de Jésus
Cette année, c’est à la demande du père Jean-Luc GEBELIN, prêtre du district pastoral du Val de Cèze(note 1) (Gard-France), et dans le prolongement de la mission « Bâtir des ponts entre les hommes » et du parcours spirituel « la déposition », que ce pèlerinage s’est déroulé du 23 au 31 mai.
Le groupe des pèlerins est composé de deux
prêtres : Jean-Luc et Eric - Lazariste, et de huit paroissiens : Gisèle et Christian, Camille, Claudie, Andrée, Marie-Hélène, Régine, Emmanuel.
Ce pèlerinage nous entraîne véritablement sur les pas de François pauvre, humble, simple, dépouillé. A travers ces lieux, où chacun peut méditer sur ce qui entrave sa marche en avant, nous découvrons les différentes étapes constituant le fondement de la spiritualité Franciscaine et François lui-même dans son humanité, sa spiritualité et sa sainteté. Chaque visite est accompagnée d’un court rappel historique et de commentaires sur la vie de François, en relation avec les lieux visités ce qui permet de mieux comprendre son chemin, sa véritable personnalité et sa sensibilité.
Pour cela nous consacrons un maximum de temps sur les lieux saints. De plus, si les partages et la bonne humeur sont recommandés, des temps de silence et de solitude sont également prévus.
Suivons le déroulement de ce pèlerinage :
Préparatifs et programme :
Dimanche 23 mai – Goudargues :
Bénédiction des pèlerins par le père Bruno NOVITSKI – Lazariste - avec la participation de paroissiens du district. Repas pris en commun et derniers préparatifs.
Lundi 24 mai :
Voyage : départ 6h du matin – arrivée vers 18h30
Nous sommes hébergés chez les Sœurs Missionnaires Franciscaines Angélines, « gardiennes » de la plus ancienne chapelle d’Assise – San Giacomo de Muro Rupto (à gauche) – véritable petite merveille de style roman, dotée d’une acoustique exceptionnelle.
Mardi 25 mai - Assise :
Visite de la Basilique San Francesco et recueillement au tombeau de François
Visite de la Basilique Santa Chiara et méditation devant le Christ de San Damiano
Visite de l’église San Rufino Montée jusqu’à la Rocca Maggiore
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BASILIQUE SAN FRANCESCO ILLUMINEE |
BASILIQUE SANTA CHIARA |
Mercredi 26 mai :
Visite des ermitages de Poggio-Bustone, Fonta Colombe et Greccio
Jeudi 27 mai – Assise :
Visite du monastère San Damiano
Tour du monte Subasio
Ermitage des Carceri
Chapelle de la Portioncule – déposition puis messe à Sainte Marie des Anges
Vendredi 28 mai :
Ermitage de Monte Casale
L’Alverne – messe en plein air
Samedi 29 et dimanche 30 mai :
Journées libres
Possibilité d’approfondissement de la spiritualité de François d’Assise.
Visite de la petite ville de Spello
Messe de clôture du pèlerinage à San Giacomo de Muro Rupto
Lundi 24 mai – 6h du matin – En route pour Assise :
Un brin de folie dans les cœurs, déjà animés de l’esprit de François, l’Esprit de Jésus nous unit. Tout est prêt pour le départ. Qu’il pleuve, qu’il vente, qu’il grêle ou qu’il neige … cela arrive… nous avançons !
Chaque pèlerin a reçu une enveloppe avec les prières que nous aurons l’occasion de partager sur les lieux saints. Pour confier nos journées à Celui vers qui François nous conduit, nous commençons dès le premier jour par cette prière matinale :
Seigneur, dans le silence de ce jour naissant
Je viens te demander la paix, la sagesse, la force.
Je veux regarder aujourd’hui le monde
Avec des yeux tout remplis d’amour
Etre patient, compréhensif, doux et sage,
Voir au-delà des apparences tes enfants
Comme tu les vois toi-même
Et ainsi ne voir que le bien en chacun.
Ferme mes oreilles à toute calomnie,
Garde ma langue de toute malveillance ;
Que seules les pensées qui bénissent demeurent dans mon esprit.
Que je sois s bienveillant et si joyeux
Que tous ceux qui m’approchent sentent ta présence.
Revêt-moi de ta beauté, Seigneur
Et qu’au long de ce jour je te révèle.
Claude Jeukens s.j
ASSISE VU DE RIVOTORTO
Arrivée à Assise à 18h30.
Nous arrivons à Assise par Sainte Marie des Anges à l’heure où le soleil couchant éclaire la Basilique San Francesco. Sa beauté est saisissante. Adossée au flanc du mont subasio, dominée par la Rocca, Assise apparaît comme un ilôt de couleur et de lumière douces, surplombant la plaine d’Ombrie et entourée de collines couvertes de verdure. Tout est douceur, beauté, paix. Nous contemplons cette ville où François et Claire sont nés et ont vécu et nous nous laissons entraîner sur ce chemin d’émerveillement, de louange et d’action de grâces pour toute cette beauté. Citons Jean XXIII :
« Pourquoi Dieu a-t-il donné à Assise cette nature enchanteresse, cette sainteté si attirante qui est comme suspendue dans l’air et que le pèlerin ressent d’une manière presque tangible ? … La réponse est facile : c’est pour que les hommes, à travers un langage commun et universel, apprennent à reconnaître le Créateur et à se retrouver frères les uns des autres … »
Dès notre arrivée chez les sœurs Angélines, nous nous rendons dans la chapelle San Giacomo de Muro
Rupto.
Ensemble nous y reprenons la prière de François :
« Nous t’adorons, Seigneur Jésus-Christ, dans toutes les églises qui sont dans le monde entier et nous te bénissons parce que, par ta sainte croix, tu as racheté le monde. »(Testament 5)
Après le repas, malgré la fatigue du voyage, nous faisons un petit tour dans les ruelles d’Assise et jetons un premier regard sur la Basilique San Francesco, illuminée.
Le mot du pèlerin - Le François auquel je n’ai pu résister.
Une histoire d’amour n’est jamais banale, elle est toujours unique.
Nous nous sommes rencontrés il y a plusieurs années dans le lieu où il repose, à la Basilique
San Francesco. J’étais venue lui parler, il s’est présenté à moi dans la profondeur d’un silence. Il venait de toucher mon cœur. J’avais commencé à lire quelques auteurs franciscains
mais, maintenant, François me donnait le désir « d’en savoir plus sur lui ». Ma sœur, sœur Marie-Claire, m’avait offert peu de temps auparavant : Saint François d’Assise.
Ecrits, documents et premières biographies. Sa règle, son testament et les admonitions m’ont immédiatement attirée. A partir de là, je n’ai pu résister à François.
Pourquoi ?
Il m’a fait découvrir la folie de Dieu-Amour et la folie de l’homme qui aime et qui, pour rejoindre l’Amour, va « oser vivre son humanité sous le regard de Dieu ».
En effet, après sa conversion, François apprend à relire son histoire sous le regard de la grâce. Dès lors, riche de son expérience, de ses erreurs et de ses péchés mêmes, il va pouvoir avec un regard d’une grande lucidité, contourner les dangers qui jalonnent son chemin. Il a compris que la non participation à la grâce mutile l’expérience et l’empêche de porter des fruits, c’est-à-dire que l’expérience se prive alors de l’essentiel. Ainsi, François vit et parle par expérience personnelle, humaine et spirituelle.
Il m’a fait découvrir que tout ce qui est donné à l’homme par Dieu, lui est donné pour le servir, pour l’aimer et le faire aimer et qu’ainsi, nous n’avons pas à recouvrir ou à nier notre humanité.
(note 2)François a su faire usage de tous ses sens et a laissé la grâce les spiritualiser. Il n’a pas bouché les « pures ouvertures » par lesquelles la grâce peut entrer :
Sa parole est parfois rigoureuse mais jamais sans tendresse, sans compassion, sans amour. Toute sa sensibilité s’y exprime. Il expérimente dans sa bouche le goût de Dieu.
Son regard est d’une immense lucidité. Parce qu’il a osé se voir, se nommer et déposer sa misère sous le regard du Christ, il apprend à tout découvrir avec des yeux nouveaux. Il se sait regardé et aimé de Dieu tel qu’il est. Ainsi, sa lucidité ne l’empêche pas de respecter l’autre et de voir dans son prochain l’Image qu’il contient.
Si durant sa jeunesse, ses oreilles n’entendent que les choses du monde, après sa conversion, il se laisse former par les expériences de la vie, par les rencontres et les évènements. A l’écoute de la pédagogie divine, il apprend à se laisser conduire avec simplicité et humilité. Il peut alors écouter, guider ses frères et leur donner, à chacun, le meilleur moyen de vivre l’Evangile à la suite du Christ.
S’il se bouche le nez à l’odeur du lépreux, il ose un jour l’embrasser. Derrière ce qui le rebute le plus, dans un dépassement du visible, il découvre alors une beauté intérieure et une joie qu’il ne pouvait imaginer.
Il fait usage de ses mains pour travailler mais il sait aussi prendre un frère par les épaules ou par le bras, le toucher, pour mieux lui parler. Il ose cette marque d’affection. Et, avec ses pieds, il marche, comme un pèlerin, sans s’arrêter aux humiliations, à la souffrance ou aux incompréhensions, pas même à la maladie ! Son Maître, c’est le Christ. « Mon Dieu et mon Tout ! »
BASILIQUE SANA CHIARA RELIQUES
François d’Assise m’a montré que le chemin spirituel s’accomplit avec la totalité de notre humanité et que chacun de nous peut faire de sa vie un chemin de sainteté. C’est ainsi que je me suis laissée « enlever » par François pour marcher avec lui à la suite du Christ.
Suzanne - ofs
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