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LA VOCATION DE L’HOMME - art. 19 Suzanne

LA VOCATION DE L’HOMME

 

Susanne-art-19.JPG

Photo : Montée vers la Basilique San Francesco - Assise 8ème centenaire

 

« Le Fils de l’homme a sur la terre le pouvoir de pardonner les péchés. » Par sa promesse, Dieu nous déclare son amour. Parce qu’il nous aime, il veut restaurer notre identité de fils et notre vocation.

« Transforme-toi tout entière en l’image de sa divinité » (Claire d’Assise L3 13)

François et Claire d’Assise savait se déposer dans un cœur à cœur permanent avec le Christ. Au cœur de cet acte d’amour qu’est « la déposition », ils avaient expérimenté que l’amour dynamise, l’amour contemple, l’amour transforme !

Qu’est-ce que Dieu attend de moi ?

Nous savons tous que les voies de Dieu ne sont pas nos voies. Nous savons aussi qu’il est difficile et parfois hasardeux de vouloir discerner ce que nous appelons la volonté de Dieu. Aussi, est-ce que nous pouvons répondre à cette question fondamentale : Qu’est-ce que Dieu attend de moi ? Il serait présomptueux de le croire car cela équivaudrait à se situer de plain-pied avec la volonté divine.

Le discernement ne relève ni de l’expérience de l’homme, ni de sa sagesse car, dans ce cas, nous pourrions imaginer qu’il nous livre tels quels les projets de Dieu sur nous. Le discernement relève de la grâce.

Ce que Dieu attend de nous n’est-ce pas d’être des pèlerins déterminés à avancer, prêts à oser la vie, à oser choisir ; des pèlerins prêts à découvrir en chacun de nous l’empreinte vivante de l’Amour de Dieu, à découvrir la valeur de chaque être et aussi de sa vocation ; des pèlerins sachant reconnaître en l’autre, l’image de Dieu qu’il contient.

En fait, ce que Dieu attend de nous, ce n’est pas une attitude orgueilleuse, mais une attitude audacieuse. Ce n’est pas la frilosité mais la persévérance. Il attend de nous fidélité et reconnaissance. « Je te loue Seigneur de ce que je suis une créature si merveilleuse ! »

Dès lors, comment découvrir notre vocation de créature privilégiée de Dieu ?

Pourquoi créature privilégiée ? Mais parce que justement Dieu nous a créé à son Image et à sa Ressemblance. La déposition sous le regard du Christ nous aide ainsi à nous ouvrir au don de Dieu et à entrer dans l’action de grâce.

« Depuis que j’ai expérimenté la grâce de mon Seigneur Jésus-Christ, par l’intermédiaire de son serviteur François, aucune peine ne m’a semblé dure, aucune pénitence accablante, aucune infirmité insupportable » (Claire d’Assise – Celano 44)

Le don de Dieu est au-dessus de tout don. Grâce qui nous révèle le Bien qu’il est. Don gratuit ne pouvant se mesurer. Don surabondant et sans retour, jamais repris. En nous ouvrant au don de Dieu, nous Le laissons nous recréer spirituellement. S’annonce alors pour nous le chemin de l’amour.

« C’est par grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. Ce n’est point par les œuvres, afin que personne ne se glorifie. Car nous sommes son ouvrage, ayant été  créés en Jésus-Christ pour de bonnes œuvres, que Dieu a préparées d’avance, afin que nous les pratiquions » (Ep 2,8-10)

Dieu n’est pas égoïste, tout en lui est bonté. Il est celui qui donne et qui fait du bien dans toute son œuvre et dans l’homme en particulier. C’est par les dons que Dieu a mis en nous que nous pouvons coopérer étroitement au mouvement de l’Esprit Saint. Par eux, par tous ces charismes, nous apprenons à louer Dieu et à rendre grâce. Nous le glorifions en nous mettant, de sa part, au service des autres et apprenons à devenir témoins de son amour par le don de nous-mêmes. Mus par la reconnaissance et l’émerveillement, nous savons que tous ces dons, tous ces dynamismes dont il nous comble, lui appartiennent en propre.

C’est par et dans cette dynamique que s’inscrit notre vocation chrétienne et que Dieu, notre Père nous appelle à participer à une relation d’amour. Il nous appelle à le suivre dans une voie nouvelle qui suscite de notre part une démarche personnelle mais aussi une adhésion consciente et totale relevant de notre cœur.

La prise de conscience de notre vocation nous re-pose sous le regard de Dieu et nous laisse approcher sa grandeur et son mystère. Elle nous confronte à notre vérité intérieure, à nos peurs, à notre générosité mais aussi à nos puissances de résistance et d’accueil.

Si Dieu, par amour, veut restaurer notre vocation et notre identité de fils, c’est parce qu’il sait que notre bonheur dépend directement du bonheur que nous apportons aux autres : dans le don de nous-mêmes nous nous « trouvons » véritablement et, lorsque nous glorifions Dieu, nous nous épanouissons. Aussi, que rien de nous arrête, laissons l’Esprit se joindre à notre esprit pour nous faire entendre la Parole du Père et susciter en nous la réponse filiale!

 

Quelle est la vocation première de l’homme ?

Notre vocation unique, fondamentale, est donc de répondre à l’appel du Christ. Notre vocation est de répondre à l’appel à la vie, à l’écoute, à l’Amour. Dieu nous appelle à exercer nos capacités, mieux, à prendre goût à la méditation de sa Parole pour la mettre en pratique. Parole qui verticalise, qui révèle à l’homme les capacités d’amour qu’il porte en son cœur. Notre vocation est de co-respondre à l’appel de Dieu.

Voilà le dessein de Dieu, voilà ce que Dieu attend de nous. Il nous appelle à la vie pour exister et pour partager éternellement sa vie, sa divinité. Voilà notre vocation première ! De ce choix, de ce « oui » va dépendre toute notre vie. « La gloire de Dieu, c’est l’homme vivant, et la vie de l’homme, c’est la vision de Dieu. (Irénée de Lyon)

Qu’y-a-t-il réellement derrière cette véritable force que représente « la vocation » ?

Il y a l’appel irrévocable à la sainteté, au partage de la vie avec Dieu. A travers sa propre histoire, chaque créature est appelée par Dieu à exercer une option fondamentale – c’est cela la vocation : Accepter ou refuser son projet ; accepter ou refuser son amour ; accepter ou refuser Dieu lui-même. En un mot, le désirer et se laisser séduire ou l’éconduire. Dès lors, une interrogation s’impose : Est-ce que je veux faire du Christ le Maître de ma vie ?

C’est donc l’appel à la vie et ce choix fondamental qui précèdent et fondent les particularités ultérieures – spécifiques – de la vocation et leur donnent sens.

Chaque créature peut alors entrer dans la part unique, personnelle de sa vocation. Pierre nous dit : « Appliquez-vous à affermir votre vocation et votre élection » (2P 1,10) … « Et votre élection » : Non seulement nous sommes appelés mais encore nous sommes choisis, chacun de nous pour un projet particulier… ce qui nous protège de toute vaine gloire car c’est alors notre oui prononcé en toute humilité qui fait notre élection. Ainsi, à chaque vocation correspond un projet de Dieu, pour soi et en faveur des autres. Nous retrouvons ici la dimension de la grâce baptismale.

L’homme est libre quand il est dans son élément, quand il vit pour accomplir ce que Dieu a prévu pour lui ! Ne nous forçons pas à « faire » ou à « vouloir faire » mais recherchons ce que Dieu veut faire en nous et coopérons à la grâce. Notre vocation peut alors s’accomplir dans le rayonnement de ce « oui ».

Suzanne Giuseppi Testut   ofs

Autres articles de Suzanne ICI

 


Pour votre information voici où vous pourriez rencontrer Suzanne dans les prochaines semaines.


 

du 14 au 17 juin - Pèlerinage à Lisieux (Sainte Thérèse de L'Enfant Jésus et ses parents, Louis et Zélie Martin)

 

les 24 et 25 juillet - Participation au Salon du Livre de Font Romeu et conférences


-  Au Québec en Octobre 2010

, plus de détails dans un proche avenir.

 

         - Sherbrooke le mercredi 13 octobre (plus de détails bientôt)

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