ALLER A LA RENCONTRE DES DONS ET DE LA GRACE
Arc-en-ciel sur la Basilique San Francesco -Assise
« Allez à la rencontre de vos dons et vous irez à la rencontre de l’Esprit-Saint »
Pour trouver notre véritable place dans le monde, il nous faut de l’audace et accepter de sortir de nos habitudes, des rôles ou des tâches qui nous sont assignés dans la vie de tous les jours. Or, si nous nous prêtons attention mutuellement, nous saurons découvrir chez nous et chez l’autre, le don mis en dépôt et à travers cela notre juste rapport à Dieu.
« Il y a diversité de dons, mais le même Esprit ; diversité de ministères mais le même Seigneur ; diversité d’opérations, mais le même Dieu qui opère tout en tous. Or, à chacun la manifestation de l’Esprit est donnée pour l’utilité commune. En effet, à l’un est donnée par l’Esprit une parole de sagesse ; à un autre, une parole de connaissance, selon le même Esprit ; à un autre, le don des guérisons, par le même Esprit ; à un autre, le don d’opérer des miracles ; à un autre, la prophétie ; à un autre, le discernement des esprits ; à un autre, la diversité des langues ; à un autre, l’interprétation des langues. Un seul et même Esprit opère toutes ces choses, les distribuant à chacun en particulier comme il veut » (1 Co 12,4-11)
Si aux yeux des hommes certains dons paraissent plus élevés, aux yeux de Dieu leur valeur réside dans le fait que nous les faisons fructifier, et le plus petit s’inscrit au même titre que le plus grand. Dès lors, ne tombons pas dans le danger de la comparaison, ne nous mesurons pas au regard de nos dons respectifs car nous courons alors le risque de ne pas participer au bien commun. La grandeur de l’homme se trouve dans sa vocation et non pas dans la ressemblance au monde créé.
Qu’attendons-nous pour entrer dans notre vocation de chrétiens en cultivant notre « Portioncule » de dons ? Notre âme ne peut s’en passer, qu’il s’agisse de la prière, de la piété ou de la charité, de la patience, de la douceur, de la fidélité ou de la santé et de bien d’autres dons. Il est évident que nous devons nous efforcer de les découvrir en nous, de les nommer, d’en faire mémoire. Mais aussi, afin de les conserver en vie, de nous accorder la joie de les faire fructifier pour, qu’en retour, la joie de l’Esprit nous anime.
Ainsi, riches de la grâce, notre regard se métamorphose. Elle nous libère, nous restaure et nous apprend à vivre autrement. Nous changeons de référence et nous nous apercevons que notre penchant ne se porte plus du côté des biens de ce monde, mais du côté de l’amour et du don de Dieu qui contient tous les autres : celui de son Fils. Guidés par lui, nous réalisons ce que représentent ces dons et l’usage que nous pouvons en faire sur notre chemin de sainteté. Enfin, devenus de libres coopérateurs de la grâce et animés du désir de faire fructifier ces dons, nous prenons pleinement conscience de l’existence de l’Esprit-Saint en nous.
Rendus par la grâce capables d’une générosité authentique dépourvue de toute convoitise et de toute étroitesse de cœur, sans attente de réciprocité, nous sommes appelés à pratiquer à notre tour le don. Le don de Dieu appelle le don de l’homme. Or, plus nous entrons dans le don, en tant que donateurs - ou en tant que bénéficiaires - plus nous établissons l’Esprit-Saint en nous d’une façon concrète : nous accomplissons un acte de tendresse vis-à-vis de Dieu, de l’autre ou de nous-mêmes.
« Moïse dit aux enfants d’Israël : Sachez que l’Eternel a choisi Betsaleel, fils d’Uri, fils de Hur, de la tribu de Juda. Il l’a rempli de l’Esprit de Dieu, de sagesse, d’intelligence, et de savoir pour toutes sortes d’ouvrages. Il l’a rendu capable de faire des inventions, de travailler l’or, l’argent et l’airin, de graver les pierres à enchâsser, de travailler le bois, et d’exécuter toutes sortes d’ouvrages d’art. Il lui a accordé aussi le don d’enseigner … Moïse appela … tous les hommes habiles dans l’esprit desquels l’Eternel avait mis de l’intelligence, tous ceux dont le cœur était disposé à s’appliquer à l’œuvre pour l’exécuter » (Ex 35,30-40 ; 36,2)
La pratique du don nécessite une bienveillance réciproque, un vis-à-vis permanent qui exige de se tenir dans la présence du Seigneur afin de renouveler sans cesse l’Alliance qu’il a faite avec nous. Nous avons aussi l’obligation d’aider ceux qui nous entourent à révéler leurs trésors cachés car bien souvent, certains êtres n’ont pas été assez aimés pour découvrir leurs talents par eux-mêmes. Il nous sera peut-être demandé un jour : « Qu’as-tu fait pour aider ton frère à faire fructifier son talent ? »
La notion de fraternité nous échappe et nous ne mesurons pas à quel point l’acte fraternel est capital pour l’avenir de l’humanité. Si nous apprenions à vivre fraternellement, nous serions déjà un peu au paradis !
Nous rejoignons ici le Charisme de François d’Assise.
Testament – verset 14 à 14 et 16 :
« Après que le Seigneur m’eut donné des frères, personne ne me montra ce que je devais faire, mais le Très-Haut lui-même me révéla que je devais vivre selon le saint Evangile. Alors je fis rédiger un texte en peu de mots bien simples, et le seigneur pape me l’approuva. »
Tout le charisme de François est inscrit dans cette démarche : Le don que François reçoit, ce sont ses frères. A partir de là, il rédige sa règle et il va la déposer devant le pape avec ses frères.
François nous enseigne que le don que Dieu nous fait, ne nous appartient pas. Il le dépose, il le remet au pape et l’Eglise donne mission. Se découvre alors le charisme franciscain qui est un charisme de fraternité.
« Ceux qui venaient à nous… »
François passe du « je » au « nous ». C’est le nous qui va former l’Eglise. Le principe fondamental de François est bien la fraternité. Son « je » s’incline devant le « nous ». Il entre alors dans le processus de désappropriation de lui-même. Son chemin de sainteté s’accomplit.
Si plus rien ne fait obstacle à notre ouverture de cœur, nous découvrons avec émerveillement, que l’acte de donner est lui-même un don que nous avons reçu, une grâce qui nous permet d’aller à la rencontre de Dieu. C’est l’accueil de cette totalité qui comble et transforme notre vie.
« Il y a un retour si nous le voulons, et il est possible de revenir à la beauté et à l’éclat d’autrefois, si seulement nous y apportons notre concours … » (Jean Chrysostome)
Dieu peut tout, à nous de faire le reste !
Suzanne Giuseppi Testut ofs
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Pour votre information voici où vous pourriez rencontrer Suzanne prochainement.
les 24 et 25 juillet - Participation au Salon du Livre de Font Romeu et conférences
- Au Québec en Octobre 2010
, plus de détails dans un proche avenir.
- Sherbrooke le mercredi 13 octobre (plus de détails bientôt)