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Un appel aux évêques ''Vers un autre modèle de prêtre dans l’Église catholique''

Frères, soeurs et amiEs

 

Je reçois le document suivant par un Courriel de Laurette, elle appuie cette lettre à deux mains. Pour ma part il est possible que vous deviniez ma position, mais en temps que Webmestre je me retiendrai. Mais j'invite chacun-e à faire son commentaire, que vous soyez en faveur ou non, chacun peut et doit pouvoir s'exprimer librement. Juste au bas de l'article vous trouverez un lien qui se lit comme suit: Ecrire un commentaire . Merci et bonne réflexion.

 


 

Un appel aux évêques

Vers un autre modèle de prêtre dans l’Église catholique

 (photo prise sur Internet)

http://www.virgo-maria.org/articles_HTML/2008/009_2008/VM-2008-09-23/VM-2008-09-23-A-00-Ratzinger_renforce_la_collegialite_fichiers/image004.jpgNous faisons appel pour une action collégiale des évêques des pays d’Amérique et d’Europe auprès du Vatican en vue de débloquer la situation des prêtres dans l’Église catholique. Il faut qu’émerge un autre modèle de prêtre ouvert à l’ordination d’hommes et de femmes, célibataires ou mariés, choisis par la communauté. L’Église catholique est bouleversée par l’une des crises les plus graves de son histoire. Les prêtres accusés de pédophilie et le secret des autorités sèment la consternation à travers le monde. Même le pape n’est pas épargné. Cette crise se situe au cœur d’un autre scandale : celui de la situation intenable des paroisses sans prêtre et des gens qui se sentent abandonnés par les quelques-uns qui restent.

 

La solution romaine

 

La solution que Rome continue de  proposer ne tient plus. Si l’invitation à la prière pour les vocations et l’appel adressé aux prêtres de développer une spiritualité plus intense et de pratiquer la « vertu » restent valables, ces scandales ne disparaîtront pas pour autant. Une correction structurelle s’impose.

 

Bref, la radicalité de la remise en question oblige à repenser la théologie qui définit le sacerdoce catholique et les règles qui en régissent le fonctionnement. Le temps où le statut du  prêtre mâle et célibataire a contribué à l’identité de l’Église catholique  est révolu. La théologie du prêtre « angélique » dans laquelle l’Église s’est enfermée, faisant du prêtre un être en dehors de la communauté des mortels, n’est plus admise. À cette fin, l’Église doit s’inspirer de l’expérience des autres confessions chrétiennes et de la sagesse indéniable des grandes religions du monde.

 

Le choix des « prêtres » dans les autres religions

 

Ce qu’il y a de commun entre toutes les religions, outre leur affirmation de la règle d’or et d’un ensemble de croyances sur l’au-delà, c’est qu’elles ont recours à une médiation entre le divin et l’humain et se dotent d’un médiateur. Les médiateurs sont choisis par la communauté quelle que soit la façon de les désigner. Le choix s’appuie sur les qualités remarquables de l’individu. On se souvient comment dans l’Église catholique, en l’an 374, saint Ambroise a été choisi par la communauté de Milan pour être son évêque, alors qu’il n’était pas encore baptisé!

 

Reconnu et choisi par la communauté, l’élu se retrouve investi d’un pouvoir sacré. Il est « ordonné » pour en assumer l’exercice. Dans les religions organisées, ce choix est sanctionné par l’autorité reconnue. C’est en revenant à cette expérience fondamentale des religions que pourra émerger un autre modèle de prêtre dans l’Église catholique : des prêtres en nombre suffisant et  dont l’équilibre humain et spirituel sera mieux assuré.

 

Vers un autre modèle de prêtre dans l’Église

 

On ne saurait plus mettre en doute le fait   que les communautés attendent une autre sorte de prêtre. Elles veulent des hommes, des femmes partageant leur expérience concrète d’engagement dans la vie ordinaire, la vie commune. Des pasteurs qui, sortis de la solitude affective, sont insérés dans la vraie vie, avec tout ce que cela implique de don de soi, de pardon, d’amour à  partager au quotidien dans le meilleur comme dans le pire. Des pasteurs qui font l’expérience concrète de parents et qui savent ce qu’implique la croissance d’un couple non moins que les exigences de la fidélité. C’est de cette sorte de prêtres, animés d’une vision résolument axée  sur l’Évangile que les communautés chrétiennes qui auront survécu à l’effondrement en cours auront besoin. Ce qui n’exclue pas la place au célibat pour ceux et celles qui l’auront choisi.

 

Bref, les communautés chrétiennes ne voient plus de la même manière la place et la signification du prêtre. La spiritualité qui les invite à faire de leur vie un service à la communauté ne change rien au fait qu’il demeure un être humain normal. Cela, les gens l’ont compris! La crise dramatique de l’heure ne permet pas de tergiverser davantage. Il est permis de croire que la mise en place de cet autre modèle sera une source indéniable d’enrichissement dans l’Église sans penser pour autant que tous les problèmes seront réglés.

 

L’action des évêques : une urgence

 

 Les évêques savent que la crise touchant les prêtres dans l’Église catholique a atteint un seuil. Ils sont conscients qu’il n’est plus possible de faire l’économie d’une démarche fondamentale qui permette l’instauration du modèle de prêtre désiré par l’immense majorité des Catholiques. Il leur reste à prendre au sérieux la préoccupation du pape Jean-Paul II.  Évoquant la situation des communautés chrétiennes privées de prêtres, il affirmait dans sa Lettre encyclique « L’Église vit de l’Eucharistie » du 17 avril 2003 : « Tout cela montre combien est douloureuse et anormale la situation d’une communauté chrétienne qui, tout en ayant les caractéristiques d’une paroisse quant au nombre et à la variété des fidèles manque cependant d’un prêtre pour la guider» (no 32).

 

La même année, un évêque canadien, aujourd’hui retraité, posait à ses diocésains la question suivante : « Quelles personnes de votre milieu verriez-vous pour  remplacer un jour votre pasteur ?» Quand les catholiques auront-ils la possibilité de prendre la parole et d’être entendus? Malheureusement, bien peu d’entre eux s’attendent à ce que les changements qui s’imposent viennent de Rome. Consternés par l’inaction des évêques, les gens ont aussi perdu confiance en eux. Pourtant, confrontés qu’ils sont à une situation qui se détériore sans cesse, certains continuent d’espérer d’eux une action efficace.

 

Il revient aux évêques individuellement et au niveau des conférences épiscopales de créer un front commun et de définir de nouvelles règles du jeu dans leur rapport avec le Vatican afin de procéder aux changements incontournables qui s’imposent. Il y va de ce qui reste de  crédibilité de l’Église. C’est avec un ultime souffle d’espérance que cet appel leur est lancé.

 

G. Morrissette

Pour le Groupe du Manifeste d’Ottawa

Le Groupe du Manifeste d’Ottawa est composé de catholiques engagés dans la vie de l’Église. Ce groupe se préoccupe activement, depuis plus de dix ans, du problème de la pénurie des prêtres.

À l’occasion du Congrès eucharistique international de Québec, le groupe fait appel au cardinal Ouellet pour qu’il initie un plan d’action qui enrayerait la crise qui laisse à l’abandon sans pasteur, des centaines de communautés chrétiennes. (…)

Source http://www.culture-et-foi.com/manifeste_groupe/congres_eucharistique_penurie_pretres.htm

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