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Témoignage suite à: Toutes les soutanes dans le même sac?

Témoignage suite à: Toutes les soutanes dans le même sac?

Publié avec l'autorisation de l'auteur

Tau-fam-franc.jpgNon, tous les ensoutanés ne furent pas d’horrible pervers sexuels, loin de là. Aussi je tiens à remercier notre frère écrivain, Claude Jasmin, d’avoir pris la parole pour dénoncer le déchaînement actuel contre les prêtres, au prétexte que quelques-uns ont failli, mais déchaînement qui n’est en fait que le prétexte pour étaler la haine de l’Eglise et de Celui qu’Elle représente.

Certes, les prêtres qui ont ainsi failli méritent totalement les sanctions applicables pour le genre de faits qu’ils ont accomplis. Certes, nous chrétiens, devons, non seulement avoir une infinie compassion pour leurs victimes, mais aussi témoigner notre soutien le plus total à ces mêmes victimes.

Mais n’oublions pas, non plus, que le Christ est venu pour sauver les pécheurs : « Ce ne sont pas les bien-portants qui ont besoin de médecin, mais les malades. Allez donc apprendre ce que signifie C’est la miséricorde que je veux, non le sacrifice. » car je suis venu appeler non pas les justes, mais les pécheurs » Mt. 9, 12-13. Rappelons-nous aussi les paroles de notre bienheureux Père Saint François : « S’il m’arrivait de rencontrer de pauvres petits prêtres vivant dans le péché, je ne veux pas prêcher dans leurs paroisses s'ils m'en refusent l'autorisation. Eux et tous les autres, je veux les respecter, les aimer et les honorer comme mes seigneurs. Je ne veux pas considérer en eux le péché ; car c'est le Fils de Dieu que je discerne en eux, et ils sont réellement mes seigneurs. » Testament de Saint François (1226). Aussi devons-nous avoir, pour ces prêtres qui ont gravement péché, une compassion toute particulière, et prier avec instance  le Seigneur afin qu’Il leur accorde la guérison et leur pardonne leur faute.

Enfin, si il y a bien eu 7% de pédophiles, ce qui certes est toujours trop  (ne serait-ce qu’un seul qui aurait perpétrer une telle horreur, ce serait encore trop), mais ce sont tout de même 93% de prêtres et de religieux qui se sont dévoués, le plus souvent avec beaucoup d’abnégation, auprès des enfants qui leur étaient confiés.

Si notre frère Claude Jasmin n’oublie pas et remercie ses anciens enseignants, clercs de Saint-Viateur et Sulpiciens, comment pourrais-je oublier, moi, Père Christian (ofm †). Enfant unique, orphelin de père à six ans, ayant aussi perdu mon grand-père alors que je n’avais que treize ans, je me suis retrouvé bien seul, à l’adolescence, auprès de ma pauvre mère restée seule. C’est alors que, entrant au lycée à Rouen, je me suis souvenu de ce prêtre franciscain qui avait quelques années plus tôt, à la demande de notre père curé, prêché une mission dans notre paroisse. A l’époque, étant servant d’autel, Maman m’avait pris en photo entre ces deux hommes, le dernier jour de la mission. C’est grâce à cette photo que j’ai pu retrouver Père Christian, au petit couvent de le rue Walter, à Rouen, quelques années plus tard. Et c’est avec beaucoup de sollicitude et de bonté que celui-ci me reçut une première fois, m’écouta avec beaucoup d’attention, me rasséréna, et me dit de revenir autant que je le voudrais. Je ne ratais donc jamais ce rendez-vous qui s’établit chaque semaine, le jeudi après-midi, lors de mes sorties d’internat, et ce pendant deux années entières. Après, j’espaçais un peu mes visites afin de me rendre à l’hôpital d’enfants de Rouen où j’essayai d’aider un peu ces petits à passer le temps à l’aide de jeux, de maquettes, etc... Mais, chaque fois que j’en éprouvai le besoin, Père Christian me recevais toujours avec la même attention. C’est lui qui me fit ainsi connaître les groupes franciscains de jeunes puis, plus tard, lorsque je fus marié avec Jacqueline, la Fraternité Séculière de Sait François, à laquelle nous appartenons maintenant depuis près de quarante ans.

C’est bien grâce à ce prêtre franciscain que je suis devenu l’homme et le chrétien engagé que je suis aujourd’hui. Et c’est toujours avec beaucoup d’émotion que je repense au nombre de fois où, adolescent totalement désemparé, il me serrait dans ses bras et que je restais de longs moments, ma tête appuyée contre sa bure, tout comme l’aurait fait Papa s’il n’était disparu prématurément. Et cela dans la plus chasteté la plus pure qu’il soit, faut-il le préciser. C’est pourquoi, chaque jour qu’il fasse, lors de ma prière, je m’adresse toujours à Père Christian, tout comme à mon propre père, afin qu’ils continuent tous deux de m’accompagner dans ma vie d’homme, de père, et de grand-père maintenant, depuis là où ils sont, c’est-à-dire auprès du Seigneur Notre Dieu que, par eux, et quelques autres, j’ai appris à tant aimer.

Grâce leur soit rendue.

Grâce soit rendue au Seigneur.

Et ne cessons de prier pour nos prêtres, quoi qu’ils fassent.

 

Fraternellement.
 
Daniel ofs -
Fraternité Franciscaine Séculière Notre-Dame de la Joie - Bernay - Eure - France

 

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