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Présence franciscaine au cœur du pluralisme religieux (AGA)

 

Assemblée  de  la famille franciscaine

Loretteville du 22 au 25 septembre 2008

(près de Québec, Canada)

 

Le 22 septembre 2008, à 19.30hres s'ouvrait l'assemblée annuelle de la famille franciscaine à  laquelle étaient inscrits quelque 45 membres issus des 3 ordres franciscains : (1er ordre) : ordre des frères mineurs franciscains et  capucins; 2ème ordre : ordre de sainte Claire; 3ème ordre régulier (auquel appartient l'Institut des Sœurs Franciscaines Missionnaires de Marie dont nous partageons le charisme) et le 3ème  ordre séculier (OFS).


Pour la première fois, les associés par leurs représentants étaient invités à cette assemblée. J'eus  donc le plaisir d'y  participer selon le désir de  la provinciale : Simone Bastien.


Le thème  privilégié pour cette assemblée qui comprend toujours une partie  ressourcement pour les participants était : Présence franciscaine au sein du pluralisme religieux.


Ces journées sont organisées et animées par le SIAF, (service intercommunautaire d'animation franciscaine) , dont  Pierre Viau ofmcap et Danielle Julien fmic en sont les permanents.


La mise en route donne l'occasion à plusieurs habitués de se rencontrer, et  aux autres de s'identifier et de faire connaissance tout en s'interrogeant sur ce qu'évoque pour eux le thème choisi. Une question est posée : qu'est-ce qui a été source d'espérance dans nos groupes depuis l'an dernier? Sœur Françoise osc, qui a eu l'occasion ou l'opportunité de suivre le trimestre franciscain à Genève, dont le  thème était : «retrouver le souffle de l'Esprit pour que la vie continue» nous parle de cette expérience comme permettant d'approfondir les écrits de François et de Claire, de vivre un «contact tangible» avec Claire et François, un retour à l'Évangile; une expérience de fraternité internationale (23 participants de 12 nationalités différentes) dans la joie et la simplicité. Cette mise en route se  termine par une prière à saveur tout à fait  franciscaine internationale, interculturelle, interreligieuse.


Après le souper, nous avons l'occasion de voir deux films sur l'EAU. L'un d'eux témoigne du travail incessant et efficace effectué par un jeune québécois, avec et pour les populations de petits villages  indonésiens, pour  amener l'eau dans  chacun des villages. Ce film vaut  d'être visionné plus d'une  fois afin de bien assimiler ce qu'est le travail «avec» les gens en leur permettant de garder leur entière dignité.


L'autre  film présentait  un spectacle où plusieurs artistes, par leurs chansons ou leurs discours, soutiennent la cause de l'eau.


23 septembre, 2008
.


Ce matin, deux sœurs Missionnaires Notre-Dame des Anges (mnda) de Sherbrooke nous entretiennent  de la réalisation d'un projet : Accueil des immigrants et des réfugiés à Sherbrooke. Les personnes qui se présentent à elles forment deux  catégories distinctes : 1. Les réfugiés politiques 2. Les demandeurs d'asiles (colombiens surtout, ne restent pas longtemps au Québec). Ce projet origine d'une demande  de l'évêque : service d'aide aux néo-canadiens (SANC). Les sœurs disposent d'une maison où habitent les demandeurs d'aide mais ils prennent leurs repas avec la communauté. Comment notre congrégation a-t-elle été interpellée par la demande? Notre congrégation est une congrégation missionnaire appelée à vivre pauvre parmi les pauvres  au Burundi, au Rwanda, au Congo, en Colombie, en Somalie , en Irak, en Afghanistan... Les pauvres d'aujourd'hui arrivent ici avec rien. Face à ce rien, nous découvrons des personnes pleines de reconnaissance. Qu'est-ce que la communauté a appris sur elle-même? La richesse des langues, la capacité de développer une attention vis-à-vis des immigrants, de créer des liens, une ouverture concrète au monde, une ouverture sur la misère du monde. La communauté apprend une désinstallation, l'occasion d'être attentive à l'autre. Elle prend conscience que, parmi les sœurs, il y a encore un peu de racisme. Nous devons être solidaires des immigrants. La Maison Notre-Dame -des-Anges est une porte ouverte sur le monde et sur la pastorale des immigrants. La maison a été ouverte en octobre 2005 et elle a accueilli 367 personnes. Les protestants sont très zélés auprès des nouveaux arrivants dont les besoins sont nombreux.


Nos objectifs sont : Accueillir, aller vers eux, aimer.

 
Entre temps des petites sorties pour nous détendre et fraterniser

 
   

Une  autre expérience nous est rapportée : celle des Oblates franciscaines de Saint-Joseph dans le quartier Bordeaux-Cartierville. Originellement, ce  quartier était habité par des Québécois de souche et surtout des professionnels. Aujourd'hui, 51% de la population est constitué d'immigrants d'Irak, d'Iran, d'Haïti,  des pays arabophones. Dans les  écoles primaires et secondaires, 95% des enfants viennent d'ailleurs et 10% sont musulmans. 


Le quartier vit de grandes  souffrances, un peu d'espérance, de petites joies. Tous  les professionnels ont quitté. La communauté locale souffre aussi beaucoup. Plusieurs communautés s'impliquent : Sœurs Notre-Dame des Saints Apôtres, Oblates franciscaines de Saint Joseph, Sœurs de Sainte-Croix, Sœurs Blanches d'Afrique,  Sœurs Grises. Elles s'insèrent en allant dans les lieux où sont les immigrants. Périodiquement,  il y a des rencontres pour les femmes; le 31 mai, manifestation pour les conditions de travail à Québec. Réunion : 6 églises orientales, 1 catholique; lieux où chacune des traditions  a  sa place. Ces églises souffrent aussi pour garder leurs traditions. Ensemble, nous avons ouvert  une Maison de la foi où catholiques et musulmans se rencontrent : nous avons  un Dieu, nous sommes tous frères... qu'est-ce que   nous pouvons faire ensemble? L'immigration nous invite à un dialogue interreligieux.


Causes de migration : guerres, violences ethniques, pauvreté, etc.


Comment  faire  pour que l'immigration soit utile au Québec? François était ouvert à la fraternité universelle. Nous essayons d'assurer une présence chaleureuse et clairvoyante.

Mot d'ordre : Être avec


23 septembre,:

 

Présence franciscaine au cœur du pluralisme religieux


Conférence présentée par David Flood, ofm.


David nous réfère d'amblée à la  première règle, chapitre 16,v.6. :De ceux qui vont chez  les Sarrasins et autres infidèles. V.5. «Les frères qui s'en vont peuvent vivre spirituellement parmi eux  de deux manières. V.6 Une manière est de ne  faire ni disputes, ni querelles mais d'être soumis à toute créature humaine à cause de Dieu et de confesser  qu'ils sont chrétiens. v.7 L'autre manière est, lorsqu'ils voient que  cela plaît au Seigneur, d'annoncer la  parole de Dieu...»


Claire est  une  sœur à l'intérieur du mouvement franciscain. Claire a voulu épouser la vie de la classe ouvrière. Les frères de François se sont engagés dans la classe ouvrière. L'effort est fait constamment pour s'insérer dans le monde ouvrier des années 1218-1219. Les soeurs et les  frères n'aimaient pas la grande estime que les gens avaient pour elles et eux. Ils prennent la peine de préciser ce qu'ils sont et ce qu'ils ne sont pas. Première règle XVII, v.10-16 : «gardons-nous de la sagesse de ce monde et de la prudence égoïste. Car  celui qui est esclave de ses tendances égoïstes met beaucoup de volonté et d'application à tenir des discours, mais beaucoup moins à passer aux actes; au lieu de rechercher la religion et la sainteté intérieures de l'esprit, il veut et il désire une religion et une sainteté extérieures bien visibles aux yeux des hommes. C'est d'eux que le Seigneur dit : Je vous le dis en vérité, ils ont reçu leur récompense. Celui, au contraire, qui est docile à l'esprit du Seigneur veut mortifier et  humilier cette chair égoïste, vile et abjecte; il s'applique à l'humilité et à la patience, à la pure simplicité et à la paix véritable de l'esprit; ce qu'il désire toujours et par-dessus tout, c'est la crainte de Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit.»


Autrement dit, la meilleure façon d'assurer une présence franciscaine au sein du pluralisme religieux actuel, c'est essentiellement d'être dans le milieu qui on doit être selon l'esprit évangélique et franciscain et selon le charisme de chacun-e de nos congrégations ou instituts.  Cela étant fait et s'il plaît à  Dieu, on pourra enseigner autrement que par cette présence exemplaire.

 
Les franciscains, Claire et ses sœurs sont dégagés du monde grâce à l'Esprit qui les guide.


En fraternité, ils cherchent vraiment le chemin à suivre.


La voie de  la laïcité  présente un humanisme exclusif  i.e. limité au cadre temporel. Elle se caractérise  par les point  suivants :

1. Ne pas parler de Dieu dans les espaces  publics;

2. il est plus difficile de confesser sa foi, et la foi chancelle;

3. quand nous  confessons notre foi aujourd'hui, nous entendons tout à fait une autre confession qui est athée ou déiste i.e. reconnaissant un certain ordre venant  de Dieu sans que nous établissions une relation avec Dieu. (ref. Charles Taylor : A Secular Age ou un âge sans Dieu.)


  Quand nous parlons  du pluralisme culturel, nous parlons d'autre chose que du pluralisme religieux. Claire et François étaient vraiment insérés dans la vie des gens, au service des autres, ils écoutent, partagent, vivent l'expérience de Dieu dans la vie quotidienne.


Pour parler de  «la présence  franciscaine dans le pluralisme culturel que nous vivons», David nous incite à lire les admonitions de François, nos 9-10-11. Il considère les admonitions  comme  des textes «instructionnels» (sic) pour ceux  qui cheminent avec Claire et François : perles précieuses de sagesse spirituelle laissées par François.


L'admonition 9 traite de l'amour, l'admonition 10 de la maîtrise du corps et l'admonition 11 : Que personne ne se laisse corrompre par le mal d'autrui. Comme si, selon David, la meilleure façon d'être présent-e dans ce monde pluraliste est  la fidélité au contenu de ces trois  admonitions. (voir annexe 1)Les admonitions 9-10-11 s'inscrivent bien dans la vie de ce temps et François avait sans doute perçu des faiblesses dans le mouvement franciscain de ce temps qui avait été formé non pour causer du trouble mais bien pour  poursuivre l'enseignement du Seigneur, pour transformer le monde du travail dans lequel il vivait, il devait embrasser le monde des autres. 


Il n'est pas facile de communiquer avec les autres en franciscains et franciscaines.

Où as-tu les pieds?

Où avons-nous les pieds?


François et Claire ont  les pieds dans le monde ouvrier, (voir lettres aux fidèles) (annexe 2). Ils sont obligés de se dégager formellement du monde civil. La justice distributive, la joie et la paix étaient leur façon de prendre soin de tout le monde comme ils le pouvaient. S'engager pour que tout le monde participe. Ses frères trouvent difficile de remettre en question l'ordre établi. Comment interpeller l'injustice connue au temps de François en Italie centrale? Il y a quelque chose chez-nous qui nous empêche de suivre le chemin que Dieu inspire... Nous faisons notre chemin comme nous le pouvons. «Vivre vrai et le monde changera».Faire un chemin qui est vrai devant Dieu, vers un humanisme intégral, humanisme chrétien. Quel est  le véritable  ennemi dont on parle? La pauvreté, les violences... La fraternité (entité sociale) chez François donne la force morale pour interroger l'intervention de Dieu (voir admonitions 20-21) (annexe 3). Il nous est facile de  nous accaparer François comme individu mais ce qui est important dans le thème  de ce jour c'est François avec les autres. Ce qui nous intéresse, c'est le travail des particuliers et le soin que nous prenons les uns pour les autres, la nécessité de la véracité pour faire quelque chose d'humain.  Il est nécessaire de prendre soin de l'autre et à travers cela de prendre soin de l'état  civil.

À 17.30hres, nous nous retrouvons pour les vêpres. Dans un ton et un esprit  s'harmonisant à  ceux du matin, nous rappelons le sermon de François au Sultan, faisons une prière œcuménique pour la paix et échangeons la paix par le geste de Namaste, signe hindou de paix (les paumes des mains sont amenés au niveau du cœur et on incline légèrement  la tête, humble salutation du cœur réciproquée alternativement). Les vêpres se terminent par une bénédiction irlandaise.


 24 septembre 2008.


Cette journée est consacrée à l'Assemblée Générale de la Famille  Franciscaine. Différents  rapports nous  sont présentés: Rapport d'activités du Conseil Exécutif et du SIAF, rapport de la commission justice, paix, intégrité de la création (JPIC), rapport de la Commission Jeunesse Franciscaine (CPJ).


Élections


Les noms suivants sont proposés : Richard  Chamberland ofs, Lise Hamel mnda, Thérèse Rocheleau pfm, Isabelle Ravaoaroia fmm, Marc LeGoanvec ofm, Annette Talbot fmic. Ces personnes acceptent leurs mises en nomination et sont élues à l’unanimités


Après un courte réunion du CA ont nous informe que Lise Hamel mnda a acceptée d'assumer la présidence du Conseil d'administration et du C-E. Quant aux autres tâches dévolues  à l'exécutif, elles seront déterminées par la suite.


Après le souper, nous sommes conviés à une soirée festive qu'on aurait pu intitulée «Variétés franciscaines». Au cours de cette soirée, chacun et chacune y va  de son chant, de son souvenir ou de son anecdote. On joue, on rit, on chante, on danse. Même nos  aînées de 85 ans et plus  ont encore le pied  léger. C'est  une soirée toute familiale empreinte  de simplicité, de  fraternité, de joie ou le pluralisme religieux n'est pas oublié. En témoigne  un «sketch» mettant en scène Moïse, Ismaël et Jésus et une invitation à l'amour universel.

 

25 septembre, 2008 :


Les Laudes et l'Eucharistie se déroulent  autour de la pensée suivante : «se garder en Dieu dans  la pâte humaine, c'est être présence franciscaine au cœur du pluralisme religieux, c'est nous souvenir que dans des  vases  d'argile, nous portons le trésor de l'Évangile».


Chacune des journées
nous rassemblaient pour prier et fraterniser par une animation très bien préparée et réalisée par des personnes différentes.

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Ce reportage est tiré d'un compte rendu « non officiel » de Denise Badeau, associée FMM que je remercie beaucoup dont j'ai puisé largement et ajouté quelque peu.


Les photos de ce reportage sont de Danielle Julien pour l'intérieur et de Richard Chamberland pour l'extérieur.

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