Nativité de la vierge Marie

Je vous salue Marie
De Marie dont on sait si peu de chose, qui fut si discrète et silencieuse, vont sortir des flots de paroles consolatrices, des apparitions lumineuses et la bienheureuse pratique du rosaire qui sans qu’on n’y prenne garde, avec une extrême douceur et simplicité nous conduit surement, grain après grain comme si nous étions attachés à une cordée par le Fils, dans le sein du Père. Devant tant de grâces, une immense dévotion a saisi le cœur des hommes et des femmes de toutes conditions et des artistes en tous genres ont rendu hommage dans leurs œuvres nombreuses, à la reine du ciel, la mère douloureuse, la vierge sainte, la servante du Seigneur.
Toute cette dévotion mariale m'effrayait... ces images, ces statues, ces médailles....je craignais que cela fût de l'idolâtrie. Et j'étais mal à l'aise devant le visage ou trop mièvre ou trop douloureux qu'on lui donnait. Pour la faire entrer chez moi, il m’a fallut redessiner un visage, souvent oublié, celui d’une fille d’Israël qui s’appelait Myriam, comme la sœur de Moïse, la prophétesse. Mar yam, gouttes de mer, latinisé en stella maris, étoile de mer ; ou encore mar yam, les eaux amères, celles de la douleur d’une mère.
Seule une fille d'Israël, une fille du shéma, de l'écoute, éduquée dans l'accomplissement des commandements de Dieu et l'étude de la Thora, élevée dans l’espérance messianique, pouvait recevoir et reconnaître dans les paroles de l'ange, la voix de son Dieu. Le choix n'aurait su se porter sur aucune fille d'une autre nation car à l’époque de l’annonciation le monde était divisé en deux, le peuple juif qui servait le Dieu Un et les autres peuples, tous idolâtres. Nourrie de cette attente, elle a dit oui, l'heure venue et en elle s'est réalisé le rêve de chaque femme juive: être la mère du sauveur.
Elle s’est nommée, servante du Seigneur (Oved Achem) Serviteur du NOM, le plus beau des titres. Celui que Dieu donne à Abraham qui marchait avec lui, à Moïse avec qui Il parlait face à face, et à David le chantre bien aimé. D’Avoda travail, terme employé pour qualifier le service des prêtres et celui de la prière. La prière étant le service divin par excellence. Marie est prière continuelle. Une prière silencieuse d'où naît La Parole. Elle est la mère du Verbe, l'Arche de la nouvelle alliance qui n'annule pas la première mais l'étend à toute l'humanité. Dans l'Arche de l'Alliance il y avait les Tables des 10 paroles et la manne et en Marie, se trouve le Verbe, Pain vivant descendu du ciel.
Vierge .... Dieu vous donne lui même un signe, voici « la alma » est enceinte, elle va mettre au monde un fils qu'elle appellera Imanou El, Dieu avec nous. (Isaïe 7 ,14)
De nos jours, on ne traduit plus le terme hébreu alma par vierge mais par jeune fille. Pourtant c’est bien ainsi que les Septante l’ont traduit. Aux deux siècles avant JC, le roi Ptolémée fit venir 70 sages pour qu'ils traduisent la Bible en grec. La légende raconte que ces 70 sages furent enfermés chacun dans une cellule afin qu'ils n'aient aucune possibilité de communiquer. Tous, sans exception, ont traduit le mot alma, du passage cité plus haut par vierge.
Mère.
Marie est de toutes les maternités, de toutes les naissances qu’elles soient extérieures ou intérieures. Elle est la MERE. Dès qu'elle apprend la grossesse de sa cousine Élisabeth, elle se rend chez cette dernière afin de l'aider et de l'assister dans son accouchement. La rencontre d'Élisabeth, mère de Jean qui annonça et baptisa le Christ et celle de Marie mère de l'Imanouel c'est la rencontre de la première et de la deuxième Alliance, qui dans un frémissement de joie et de reconnaissance se donnent mutuellement naissance.
Marie est au pied de la croix. …voici ton fils.., voici ta mère. (Jean 19, 25à27. Depuis, elle ne cesse d’être là au pied de toutes nos croix. Attentive, fidèle et silencieuse, elle nous accompagne, nous soutient, nous reçoit dans ses bras, à chaque moment douloureux, périlleux ou heureux de notre vie, telle une mère. Elle est notre mère.
Élisabeth
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