Homme et femme de paix, Claire et François d'Assise le sont par tout leur être et leur vie. Les prescriptions de leurs Règles respectives ont un seul but : préserver un climat de paix entre les soeurs et les frères. Comment s'inspirer de leur exemple pour construire aujourd'hui, dans nos vies, des chemins de paix ?
Selon François et Claire, toutes les attitudes de supériorité sont à rejeter. Nous ne devons pas nous élever par rapport à nos semblables, mais plutôt cultiver l'humilité pour éviter les dissensions.
« Je conseille, j’avertis et j’exhorte mes frères dans le Seigneur Jésus-Christ : quand ils vont par le monde, qu’ils ne se disputent pas, qu’ils ne se querellent pas en paroles et qu’ils ne
jugent pas les autres ; mais qu’ils soient doux, pacifiques et modestes, aimables et humbles parlant honnêtement à tous comme il convient.[…] En quelque maison qu’ils entrent, qu’ils disent
d’abord : Paix à cette maison.»
François d’Assise 2Reg III, 10-13
« Qu’elles [les sœurs] soient au contraire toujours attentives à garder entre elles l’unité de l’amour mutuel qui est le lien de la perfection. »
Règle de Claire 9,
5
Les facultés spirituelles, véritables puissances de l'âme
Nous ne savons plus faire usage des facultés spirituelles, véritables puissances de l’âme, que Dieu a déposées en l’homme dès sa création : la "puissance désirante", donnée pour désirer Dieu, tendre et s’élever vers lui et s’unir à lui ; la "puissance irascible", donnée comme une force de détermination, de rassemblement de l’énergie à appliquer en un seul point, Dieu, afin de lutter pour lui et avec lui ; la "puissance raisonnable", donnée pour sortir de nos obstinations intérieures et de nos certitudes, pour élargir notre vision, purifier nos pensées et ainsi, nous libérer des ténèbres de l’ignorance. Détournées de leur objet, les puissances de l’âme, au lieu d’être des moteurs d’accomplissement et d’élévation, deviennent puissances d’ensevelissement et de souffrance. C’est ainsi que nous ouvrons la porte au « monde des passions ». Par exemple : déçus, prisonniers de nos connivences ou de nos résistances, nous laissons la tristesse nous envahir. De la tristesse à la colère, il n’y a qu’un pas. Ou bien, emportés par l’orgueil, nous pouvons aller jusqu’à rabaisser notre prochain et à le regarder de haut. Or, il y a une sorte de tolérance qui masque ces passions et nous rend aveugles. Il faut parfois qu’elles atteignent une très grande intensité pour que nous puissions en prendre conscience. Nous avons ainsi l’illusion d’être en paix alors que nous sommes en guerre, contre nous-mêmes, contre les autres et même contre Dieu.
Comment dans ces conditions prétendre être artisan de paix ?
Quelle paix recherchons-nous ? Voulons-nous "avoir la paix" ? Voulons-nous "être en paix" ? Vouloir "avoir la paix" à tout prix dans le quotidien nous entraîne parfois dans des attitudes illusoires. Comme par exemple compter sur le changement ou l’amélioration de l’autre, sur son silence ou sa soumission. La paix à ce prix ne sera jamais au mieux que provisoire et, de toute façon, insatisfaisante. Tant que nous concevrons la paix d’abord comme un bien-être, comme un bonheur terrestre ou le fruit de la justice, nous serons déçus. Il ne suffit pas d’avoir la paix pour être en paix. C’est ainsi que la paix s’impose comme un bien spirituel.
Que faire pour "être en paix" ?
Se réconcilier avec Dieu et "faire la paix". L’écouter, méditer l’Evangile et voir par le cœur. S’attacher librement au Christ, déposer son fardeau et, sous sa conduite, nous exercer à
l’amour. Aspirer à réaliser la Béatitude "Bienheureux ceux qui font œuvre de paix" (Matthieu 5, 9). Accueillir la tendresse du Christ. S’ouvrir à la bonté, à la patience, à la compréhension, à la
sollicitude, à la miséricorde. Mais aussi, intégrer la totalité de notre humanité, y compris toutes nos zones d’ombre pour en faire humblement un chemin vers Dieu. Cette attitude nous aidera à
devenir plus humain, à ne pas couper les liens et à nous avancer vers l’autre. A maintenir l’esprit de fraternité en dépit de toutes les ruptures.
« Etre en paix », c’est expérimenter par la grâce de l’Esprit, la présence du Christ et ressentir sa paix dans nos cœurs. Paix qui surpasse toute intelligence, subsiste dans les tribulations et
rayonne dans nos rapports avec les hommes.
Source http://www.croire.com
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