La nature - Spiritualité franciscaine pour aujourd'hui
La nature
La contemplation fait participer à la lumière de Dieu, à son émerveillement
au matin de la Création. C'est le même regard émerveillé que Claire et François portent sur les créatures. Pour François, toutes les créatures tirent leur origine de Dieu, elles sont des
frères et des soeurs pour qui il faut louer le créateur.
" Loué sois-tu, mon Seigneur, avec toutes tes créatures, spécialement messire le frère soleil, lequel est jour, et tu nous illumines par lui. Et lui, il est beau et rayonnant avec
grande splendeur : de toi, Très-Haut, il porte signification."
François d’Assise, Cantique des créatures
Laissons Claire nous introduire dans le "jardin franciscain" :
"Le Seigneur nous a donné notre très bienheureux Père François comme Fondateur, jardinier et comme notre aide dans le service du Seigneur... Testament 14
"Moi, Claire, servante du Christ et petite plante de notre Père saint François..."
Bénédiction de sainte Claire
François, père spirituel de Claire
François cultive son « jardin intérieur » sous le regard du Seigneur. Père spirituel de Claire, il l’aide à grandir et à fleurir spirituellement.
Durant l’automne 1225, épuisé par les stigmates et par les maladies, François vient se reposer chez Claire, dans le jardin des Pauvres Dames, au monastère de San Damiano. C’est là qu’il compose
son "Cantique des Créatures" alors qu’il est pratiquement aveugle. Mais, agi par l’Esprit, transformé dans le Christ, il a intégré la totalité de son humanité et de la Création, il veut mettre le
monde en état de louange. Son « moi » est devenu le « toi » de Dieu. François ne condamne plus mais regarde tous les hommes d’un œil pur. Il se réjouit à cause de tout l’Univers et ne désire
qu’une chose, aimer et vénérer. Il ouvre la porte de sa « cellule » et reçoit le monde. Il ne dit pas en parlant des hommes, des femmes ou de la nature et du cosmos : « Je t’aime pour te sauver »
mais plutôt : « Je te sauve parce que j’aime ». C’est cela l’âme apostolique.
Si nous prenions conscience...
Si nous aimions, si nous prenions conscience que nous sommes « vases de terre » et que nous contenons tout l’univers, nous poserions les gestes solidaires pour faire briller la terre de tous ses
éclats. Nous lui restituerions sa beauté originelle.
Par son regard tourné vers Dieu, François s’expérimente lui-même, ainsi que toutes les choses créées, comme des créatures du même Père. Les «créatures» sont pour lui des frères et des sœurs,
c’est ce que reflète son Cantique.
A travers son expérience intime du sacré il nous fait découvrir comment les réalités cosmiques, frère vent, frère soleil … peuvent nous conduire à la profondeur de notre intimité et comment
restaurer notre terre intérieure, car la terre est fragilisée parce que nous sommes nous-mêmes fragilisés.
S’exposer au vent : offrons-nous de l’intérieur au souffle qui va balayer toutes nos installations, bousculer nos cloisons et faire sauter nos barrières. Laissons l’Esprit de Dieu se joindre à
notre esprit.
Laissons-nous façonner
S’exposer au soleil : laissons-nous façonner par les mains de Dieu comme une boule de cire afin qu’Il fasse fondre la croûte d’endurcissement qui nous recouvre et que peu à peu l’image reprenne
forme à travers les dons précieux qu’Il a mis en nous.
S’exposer au feu : laissons-nous brûler par le feu purificateur qui va nous apprendre à changer d’attitude et à entrer dans une transparence devant Dieu.
S’exposer aux astres : expérimentons la puissance de Dieu dans la nuit étoilée. Apprenons aussi à voir la lumière dans la face nocturne des choses.
S’exposer à l’eau : consentons à nous laisser conduire là où la vie se manifeste dans sa Source. Laissons-nous désaltérer, vivifier et purifier.
S’exposer à la terre : descendons en nous-mêmes dans une démarche de profonde humilité. Brûlons les ombres de la terre au feu de la prière et de l’Esprit.
La nature dans sa diversité et sa beauté nous enseigne la louange et nous conduit à l’action de grâce. Si nous la regardons avec amour, elle nous confronte à l’extraordinaire puissance de vie qui
nous anime. Si nous l’écoutons, nous entendons sa louange. Mais, pudique et respectueuse, elle retient ses cris de joie afin de ne pas nous assourdir ni nous effrayer. Tout en elle est fait pour
ramener l’homme à sa juste mesure et à sa responsabilité. Ce n’est que lorsque l’homme la blesse par son irrespect qu’elle gémit dans un excès de souffrance.
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