Eklablog Tous les blogs Top blogs Religions & Croyances
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Header cover

L'appartenance à l'OFS - partie 6

 Suite 6 Appartenance à l'OFS

Emanuela De Nunzio

15. Nouvelles formes d'intervention.

Quarante ans ont passé depuis le Concile Vatican II, mais la référence au Magistère conciliaire est toujours actuelle et prometteuse avec son dynamisme intrinsèque. Nous sommes appelés à le projeter, à l'appliquer aux nouvelles frontières de ces années selon une conception précise de la personne et des valeurs qui lui sont propres : valeurs qui, en tant que telles, apparaissent “non négociables”, à savoir non réductibles au processus de sécularisation et de relativisation qui traverse notre histoire.

 

Les formes nouvelles d'intervention demandent une formation socio politique, à travers la compréhension et l'approfondissement de la doctrine sociale de l'Eglise. Le “Compendium” auquel tous les fidèles doivent puiser nous servira de guide, mais il servira de manière particulière à ceux qui ont l’intention de miser pour l'engagement social dans l’arène politique avec ce plus d'honnêteté, de sens de la justice et du bien commun, qui doit marquer l'agir du chrétien par rapport  à une pratique parfois désancrée des valeurs humaines et évangéliques. Il faudra aussi reprendre en main le document fondamental du Concile Vatican II, Gaudium et Spes, et le revisiter à la lumière du magistère plus récent, surtout la seconde partie de l'Encyclique de Benoît XVI, Deus caritas est.

 

La forme la plus adaptée de présence dans le domaine social est, pour le franciscain séculier, le volontariat. Le volontariat n'est pas seulement un “faire”; il est avant tout une “manière d'être”, qui part du cœur, d'une attitude de gratitude envers la vie, et pousse à “restituer” et partager avec le prochain les dons reçus… L'action du volontaire n'est pas vue comme une intervention “bouche-trou” vis à vis de l’Etat et des institutions publiques, mais plutôt comme une présence complémentaire et toujours nécessaire pour tenir vive l'attention envers les derniers et promouvoir un style personnalisé dans les interventions. Il n'y a donc personne qui ne puisse être un volontaire: même le plus indigent et désavantagé a sûrement beaucoup à partager avec les autres, offrant sa propre contribution pour construire la civilisation de l'amour (Benoît XVI à Vienne, septembre 2007).

 

Une autre forme juste d'intervention concerne l'attention aux jeunes qui, n'ayant plus de valeurs solides sur lesquelles compter, sont particulièrement exposés aux dangers de l'instabilité, aggravé du fait que le monde des adultes lui aussi donne une importance majeure au pouvoir qu'un individu peut exercer ou à ce qu'il possède en termes économiques, plutôt qu'aux valeurs telles l'honnêteté et la moralité, qui devraient nous habiter et dans lesquelles nous devrions continuer à nous refléter pour être vraiment des personnes libres et capables de choisir. Les jeunes d'aujourd'hui sont ébranlés par des fragilités anciennes et nouvelles; avec elles, pourtant, ils manifestent aussi de grandes  potentialités ; ils expriment leur passion, l'envie de faire et la volonté de découvrir, prêts à concrétiser ce “courage de vivre et d'agir” illuminé par l'amour. Pour y réussir cependant, ils ont besoin d'être accompagnés dans la recherche du Visage du Christ.

 

Quand nous parlons d'attention aux jeunes nous n'entendons pas nous référer seulement à la constitution et à l'animation des groupes jeunes franciscains, activité pour laquelle il faut des aptitudes particulières et des prédispositions, mais plutôt au devoir de chaque Fraternité OFS de réfléchir, discerner et prier sur le thème de la “transmission de la foi”, pour susciter une Eglise adulte, capable de témoigner de l'Evangile dans le monde d'aujourd'hui. C’est surtout par l'exemple que nous devons amener les jeunes à la foi et à la communion ecclésiale, les aider à acquérir une maturité humaine et spirituelle, leur faire découvrir que c'est dans le don de soi-même aux autres qu'ils peuvent devenir plus libres et plus mûrs. La stratégie consiste dans la création de médiations pour favoriser la rencontre avec Jésus, reconnu comme le Seigneur qui sauve et donne un sens plénier à la vie de chaque personne. De la rencontre avec le Seigneur Jésus naîtra la sequela, la suite du Christ, avec ses exigences de radicalité, fidélité, patience et discipline.

 

Ecologie. A cause des conditions préoccupantes de notre planète, une nouvelle sensibilité se développe face aux problèmes écologiques: l'exigence s'impose de lutter pour transmettre aux générations futures une planète vraiment habitable, dans la perspective offerte par le Créateur. De nouvelles valeurs surgissent, de nouveaux rêves, de nouveaux comportements assumés par un nombre de plus en plus grand de personnes et de communautés. Le principe de base est celui de la sauvegarde de la création et c’est un principe qui engage tous et chacun. Il est évident que chaque pays et même chaque personne doit contribuer selon ses possibilités à chaque effort planétaire.

 

Comme franciscains, en plus de renforcer notre engagement personnel pour un style de vie sobre (Règle n°11 et C.G. art.15.3), nous sommes aussi appelés à construire, avec ceux qui travaillent dans la moisson du Royaume, un monde globalisé dans lequel tous peuvent entrer, où il y a la vénération de la création, l’amour entre tous et des relations justes, au moins pour permettre à tous une vie honnête. Et alors, prendre soin de la création signifie s'engager dans divers domaines d'action, chacun lié avec les autres: de l'élimination des armes nucléaires à un changement de cap pour ce qui regarde le style de vie, d'une régénération du pouvoir politique / économique / militaire à l'adoption de la non violence comme manière de vivre la relation avec la création et avec toutes les créatures.

 

Œcuménisme et dialogue interreligieux. Dans le domaine œcuménique, il est essentiel de se convaincre que l'œcuménisme n'est pas une affaire “au sommet”, mais plutôt une manière de vivre la foi et la relation avec Jésus. C'est être ensemble avec Lui dans cette prière où tous, nous sommes une seule chose. Pour cela nous ne pouvons pas ne pas nous sentir responsables de la communion entre tous. Dans le domaine interreligieux, la connaissance, le respect, l'accueil réciproque, le dépassement des préjugés réciproques d'ordre structurel, psychologique et historique, est essentiel. Nous devons nous convaincre que la diversité, loin de conduire nécessairement aux divisions et aux rivalités, porte en soi la promesse d'un enrichissement réciproque et d'une joie. L’égalité, comme indispensable présupposé au dialogue, concerne l'égale dignité personnelle des interlocuteurs et non du contenu. Le chrétien en dialogue ne peut cacher ou taire la vérité de la foi fondée sur le mystère de Jésus Christ. Que ce soit dans les rapports avec les membres d'autres confessions chrétiennes, que ce soit dans les rapports avec les croyants d’autres fois, il faut concrètement accueillir les occasions pour prier ensemble (là où c'est possible) et trouver des champs d'engagement commun comme la lutte contre la pauvreté, la paix, la sauvegarde de la création à travers les questions liées à l'éthique et à l'environnement. Dans le champ de la justice sociale, on peut marcher ensemble tout de suite : il n'y a pas besoin d'attendre que les nœuds complexes de caractère doctrinal soient défaits !

 

Mission ad gentes.  L'Eglise aujourd'hui prête une attention vigilante au développement des peuples, en particulier ceux qui luttent pour se libérer du joug de la faim, de la misère et des maladies endémiques, de l'ignorance ; qui cherchent une participation plus large aux fruits de la civilisation, une valorisation plus active de leurs qualités humaines ; qui se dirigent avec décision vers leur plein épanouissement (cf. Sollicitudo rei socialis, Centesimus annus, Deus caritas est...). Elle le fait en réaffirmant avec force l'exigence de partir de la reconnaissance de la loi morale naturelle, en nette opposition avec la logique relativiste dominante des législations nationales et de la politique internationale. Si les problèmes ne manquent pas, comme la pénurie des vocations religieuses, ne manquent pas non plus les “signes d'espérance” qui, dans chaque partie du monde, témoignent d'une encourageante vitalité missionnaire du peuple chrétien dans la conscience “d'être tous missionnaires, tous impliqués, quoique de manières diverses, dans l'annonce et le témoignage de l'Evangile”. Aussi l'engagement missionnaire des franciscains séculiers et des Fraternités ne peut et ne doit pas être limité aux Journées missionnaires mondiales ou à une Journée missionnaire franciscaine, et non plus à quelque soutien économique aux Missions des frères. Il faut une perspective plus ample, qui comprend la participation solidaire avec les peuples de la terre par la dénonciation et la lutte contre toute violation de la dignité de la personne et contre les graves inégalités qui ont traversé, et malheureusement, continuent de traverser le monde contemporain.

Suite 7 conclusion ICI 
Pour aller d'une section à l'autre
1-
http://ofs-de-sherbrooke.over-blog.com/article-26411134.html
2- http://ofs-de-sherbrooke.over-blog.com/article-26465095.html
3- http://ofs-de-sherbrooke.over-blog.com/article-26504070.html
4- http://ofs-de-sherbrooke.over-blog.com/article-26542321.html
5- http://ofs-de-sherbrooke.over-blog.com/article-26626234.html
6- http://ofs-de-sherbrooke.over-blog.com/article-26680827.html
7- http://ofs-de-sherbrooke.over-blog.com/article-26719113.html
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article