Abbé Jean Compazieu
Fête de l’Immaculée Conception
Sur notre route de Noël, nous trouvons cette fête de
Marie que nous appelons « l’Immaculée Conception ». En vertu d’une grâce exceptionnelle, Marie, Mère de Jésus n’a jamais connu le mal. « Elle est celle qui n’a jamais refusé à Dieu
la plus petite preuve d’amour » (Mgr Thomas). La Constitution sur l’Eglise du Concile Vatican II nous dit que « depuis le premier instant de son existence, elle est enrichie des
splendeurs d’une sainteté singulière. » Elle a été appelée « la toute sainte ». Le dogme de l’Immaculée Conception a été proclamé par Pie IX en 1854. Quatre ans plus tard, le
petite Bernadette de Lourdes, qui ne connaissait rien au vocabulaire théologique, recevra une confirmation de cette révélation. Et elle arrivera chez le curé Peyremale avec cette parole :
« Je suis l’Immaculée Conception »
A l’occasion de cette fête d’aujourd’hui, la liturgie nous fait
entendre l’Evangile de l’Annonciation. Ce récit, nous le connaissons bien. C’est l’instant divin qui a entièrement bouleversé l’humanité. L’ange Gabriel se rend chez Marie pour lui annoncer
qu’elle a été choisie par Dieu pour être la mère de son Fils. L’ange attendait sa réponse. En effet, quand Dieu appelle, il respecte la liberté de chacun. Marie reste libre d’accepter ou de
refuser. Elle cherche simplement à comprendre : « Comment cela va-t-il se faire ? » L’ange lui répond : « L’Esprit Saint viendra sur toi et la puissance du Très haut te prendra
sous son ombre. » Et Marie accepte en prononçant ces simples paroles : « Je suis la servante du Seigneur, que tout se passe pour moi selon ta parole. » La fête d’aujourd’hui nous
donne l’occasion de réfléchir à ce rôle de la plus haute importance que Dieu a confié à Marie.
Aujourd’hui encore, le Seigneur continue à appeler des hommes, des
femmes et même des enfants. Ce n’est plus par l’ange Gabriel qu’il intervient dans notre vie. Il nous rejoint dans les diverses circonstances par les personnes qu’il met sur notre route. Il peut
aussi nous interpeler par une parole d’évangile ou par un événement particulier. Il peut même venir nous chercher très loin et très bas. Il nous invite à puiser à la Source de son amour pour le
rayonner autour de nous. Nous sommes choisis par Dieu pour incarner sa bonté, sa tendresse et sa justice. Dans ce monde troublé, c’est plus que jamais nécessaire.
Le Seigneur a besoin de nos mains pour continuer les siennes. Il a
besoin de nos lèvres pour prononcer ses paroles. Il a besoin de nos yeux pour voir la souffrance humaine et la soulager. Quelle que soit la question qu’il nous pose, il nous invite à lui dire
oui. Et à l’instant où nous disons oui, c’est comme un ras de marée qui emporte tout sur son passage. C’est une grande aventure qui commence. Il n’y a pas de plus grand honneur pour les hommes
que d’être les serviteurs de l’amour. Marie n’a pas suivi d’autre chemin. Elle a été la servante du Seigneur ; et aujourd’hui, elle nous dit: « Faites tout ce qu’il vous
dira ».
En ce jour, la question nous est posée bien simplement :
Accepterons-nous la venue du Christ en nous et dans notre vie. Porter Dieu en nous et l’offrir au monde, c’est quelque chose d’extraordinaire. Nous y trouvons une joie que personne ne peut nous
enlever. Avec lui et avec Marie, nos visites deviennent des visitations. C’est à cela que nous sommes appelés quand nous nous rendons auprès d’une personne malade ou dans le besoin. Nous serons
peut-être conduits sur des chemins que nous n’avions pas prévus. Mais nous savons que l’amour de Dieu ne nous décevra pas.
Comme Marie, Dieu nous appelle pour nous confier une mission, une
responsabilité. Il compte sur nous dans notre paroisse, notre famille, nos lieux de vie et de travail pour être les témoins et les messagers de son amour. Si nous répondons non, nous restons dans
la nuit. Si nous répondons oui, nous devenons porteurs de lumière. La réponse nous appartient et personne ne peut répondre à la place de l’autre. Le Seigneur a besoin de notre accord personnel.
Ne craignons pas : cette mission est tournée vers le bonheur, le nôtre et celui des hommes. En ce temps d’espérance, nous demandons à Dieu de nous rendre accueillants à l’appel et à la venue de
son Fils dans notre vie et notre monde.
Le Seigneur continue à vouloir chercher et sauver ceux qui sont
perdus. C’est pour cela qu’il est venu dans notre monde. Nous qui avons instinctivement le goût du péché, nous regardons vers Marie qui a le goût de Dieu. Elle s’est laissé pénétrer par
l’amour de Dieu qui l’a rendue immaculée. Qu’elle nous oriente vers l’adoration, la reconnaissance, le goût d’une vie entièrement donnée.
Source http://dimancheprochain.org
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