Jésus nourrit la foule
Textes bibliques : Lire
« Jésus partit en barque pour un endroit désert ». Il éprouve le désir de se retirer loin du bruit et de la foule. Il souhaite prendre un peu
de distance par rapport au quotidien. En cette période d’été, ils sont nombreux ceux et celles qui font ce choix. Ils ont besoin de repos physique, de détente morale, de culture. Certains
vont s’isoler dans un monastère pour un temps de prière. Un ami, très actif dans son ministère de prêtre, me disait : « Il est important que nous prenions du temps pour
nous-mêmes. »
Mais même pendant les vacances, il y a des gens qui ont faim. Ils sont nombreux ceux et celles qui n’ont pas le minimum nécessaire pour survivre. Ils ont
faim de pain, faim de vivre, faim d’être reconnus et aimés. Jésus voit toutes ces foules, celles de son temps et toutes celles d’aujourd’hui. L’évangile nous dit qu’il est « saisi de
pitié ». La traduction est trop faible pour rendre compte de ce qu’il ressent. Car il est « bouleversé jusqu’aux entrailles ». A travers cette expression, nous découvrons que
Dieu nous aime d’un amour paternel et maternel. Il nous rejoint là où nous sommes, comme une mère devant les larmes de son enfant. Cette révélation, nous la retrouvons devant la maman du
jeune homme de Naïm et aussi dans la parabole du fils prodigue. C’est en ce Dieu que nous sommes invités à mettre notre foi.
Devant ces foules qui ont faim, nous sommes tentés de dire comme les apôtres : « Renvoie-les ! Qu’ils aillent dans les villages s’acheter à
manger. » Mais Jésus ne l’entend pas ainsi. S’adressant à ses disciples, et, à travers eux, à chacun de nous, il dit : « Donnez-leur vous-mêmes à manger. » Remarquons bien le
contraste : d’un côté nous avons le verbe acheter (qu’ils aillent s’acheter à manger). Puis de la part de Jésus, le verbe donner (donnez-leur vous-mêmes à manger). Dans un monde où tout
s’achète et se vend, Jésus vient nous parler de don gratuit et de partage.
Ce que Dieu attend de nous, ce n’est pas notre argent mais notre disponibilité. C’est l’apport du peu que nous avons et du peu que nous sommes. Cinq
pains et deux poissons c’est vraiment dérisoire. Mais c’est avec ça que Jésus fait des merveilles. C’est un encouragement pour nous qui avons tendance à nous décourager devant toutes les
misères du monde. Nous disons facilement que nous ne pouvons pas répondre à tous les besoins. C’est sans doute vrai. Mais avec un peu de folie, nous pouvons bien lui donner nos pains et nos
poissons. Jésus vient nous apprendre à nous mettre au service des plus pauvres. Prêtons nos oreilles et notre cœur pour écouter leur tristesse et leurs rancœurs. Le Seigneur compte sur nous
pour soutenir et fortifier. Aujourd’hui encore, il multiplie les fruits de notre bonne volonté bien au-delà de ce que nous pouvons imaginer.
Cette nourriture, ce sont les disciples qui la distribuent à la foule affamée. C’est ainsi qu’ils deviennent serviteurs. C’est Jésus qui le leur demande.
Il ne veut rien faire à leur place. Il les provoque pour qu’ils deviennent « serviteurs de cette foule immense. A travers eux c’est aussi à chacun de nous qu’il s’adresse. Des
associations comme le CCFD, le Secours catholique et bien d’autres interviennent partout dans le monde pour aider les plus pauvres à sortir de leur misère. C’est avec nous, avec nos gestes de
partage et de solidarité, que tout devient possible.
En lisant cet évangile de la multiplication des pains, il nous faut aller plus loin. Ce récit nous renvoie à l’Eucharistie. Certains se demandent
peut-être pourquoi. Nous devons nous souvenir que Matthieu écrit son évangile quelques années après les événements et après la résurrection du Christ. Il reprend mot pour mot les gestes de
Jésus dans l’Eucharistie : « Il lève les yeux vers le ciel, prononce la bénédiction, rompt les pains et les donne aux disciples qui les donnent à la foule. Tout cela est dit dans ces
quelques mots. Ces expressions, nous les retrouvons dans d’autres récits de multiplication des pains. Mais Matthieu ne parle que des pains distribués. Il n’est plus question de poissons.
Quelques mois plus tard, Jésus refera ce geste. Il nous donnera un pain plus merveilleux encore. C’est le Pain de la Vie Eternelle, son Corps livré pour nous. Il y eut douze paniers remplis
de morceaux qui restaient. C’est l’annonce de la vraie multiplication des pains que Jésus ne cesse d’accomplir par le ministère des prêtres.
Que ce temps de l’été restaure nos forces et qu’il rassasie nos faims. Seigneur, donne le pain à ceux qui ont faim, toi qui nous dis « donnez-leur
vous-mêmes à manger » ; et donne faim à ceux qui ont du pain. Toi, Jésus, tu peux donner et rassasier une telle faim.
D’après diverses sources
Source http://dimancheprochain.org
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