Hébreu : yada
Grec : ginôskô et oida
Le verbe
connaître traduit plusieurs significations possibles. Il caractérise la compréhension qu’un humain a de l’expérience par un de ses sens avec ce qu’il l’entoure. Connaître peut-être mis pour
sentir, s’apercevoir, observer, remarquer, reconnaître ou faire l’expérience de quelque chose.
Pour cela, il n’y a rien de particulier, mais lorsque ce verbe est employé par rapport à quelqu’un on retrouve une connotation insolite. En effet, dans la Bible « connaître quelqu’un » laisse entendre qu’il y a une relation intime entre deux personnes. Cette expression laisse entendre qu’il y a eu une relation sexuelle entre un homme et une femme. Par exemple « L’homme connu Ève sa femme. Elle devint enceinte, enfanta Caïn… » (Gn 4,1). La Bible utilise cette même expression pour désigner une relation homosexuelle. Lors du récit de la destruction de Sodome, les hommes de la ville vont dire : « Où sont les hommes qui sont venus chez toi cette nuit? Fais-les sortir vers nous pour que nous les connaissions. » (Gn 19,5) C’est pourquoi la langue française utilise l’expression « connaître quelqu’un au sens biblique », un euphémisme pour désigner une relation sexuelle.
À un autre niveau, la Bible invite à la connaissance de Dieu. Cette expérience appelle à reconnaître son autorité et obéir à sa volonté. En retour, Dieu connait son peuple. Il s’engage personnellement en faveur de ceux qu’il connait.
Cette signification se poursuivra dans l’évangile de Jean où « connaître » désigne la relation entre Dieu le Père et Jésus son fils. À leur tour les disciples connaissent Jésus et Jésus connait ses disciples. Le verbe ne désigne plus un savoir à posséder, mais une relation qui engage les deux parties.
Certains mouvements chrétiens des premiers siècles vont mettre l’accent sur diverses connaissances mystiques à acquérir. Cette gnose (du grec gnôsis : connaissance) visait le salut de l'âme par sa libération du monde matériel grâce à une connaissance (expérience ou révélation). Ces mouvements seront jugés hérétiques.