Benoît XVI à Yad Vashem : le silence face à la tragédie de la
Shoah
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Source : famillechretienne.fr
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12/05/2009
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Par De notre envoyé spécial, Jean-Claude Bésida
Les paroles de Benoît XVI sur la Shoah étaient très attendues.
Sitôt atterri, il a dénoncé le négationnisme et l'antisémitisme. C'est au mémorial Yad Vashem qu'il s'est recueilli dans le silence, avant de s'unir au « reproche perpétuel contre le sang versé
innocent ».
Au mémorial de Yad Vashem, le pape s'est recueilli en mémoire des six millions de victimes du
génocide. photo ©SINAI - AFP
À Yad Vashem, la cérémonie était d’une sobriété poignante. Ce temps était très attendu. Après
Jean-Paul II voici neuf ans, Benoît XVI est entré dans le mémorial de Yad Vashem. Il était accompagné par le président de Yad Vashem, le rabbin Israël Meir Lau (ancien grand rabbin d’Israël), le
président Shimon Pérès, et le secrétaire de la Knesset. Un temps très émouvant, marqué par la rencontre du Saint-Père avec six survivants de la période. Aaron, professeur de français à
Jérusalem, résume ainsi les préventions d’une partie de l’opinion publique israélienne à l’endroit de Benoît XVI : « D’abord il est allemand, ensuite il a servi dans l’armée du Reich et enfin
il a réagi tardivement après l’affaire Williamson. Il faut savoir que ici, pour beaucoup - surtout les ashkénazes - cela ne pardonne pas tellement la mémoire de la Shoah est un sujet plus que
sensible. » La cérémonie était d’une sobriété poignante.
Méditation sur « le nom »
Le pape y a donné une belle et grave méditation biblique sur le nom (1) : « Je suis venu pour
me tenir en silence devant ce monument, érigé pour honorer la mémoire des millions de Juifs tués dans l’horrible tragédie de la Shoah. Ils ont perdu leur vie mais ils ne perdront jamais leur nom
: ceux-ci sont profondément gravés dans les cœurs de ceux qui les aiment, de leurs compagnons de détention qui ont survécu et de tous ceux qui sont déterminés à ne plus jamais permettre qu’une
telle atrocité déshonore à nouveau l’humanité. Plus que tout, leur nom sont à jamais inscrits dans la mémoire du Dieu Tout-Puissant» et, un peu plus loin « En contemplant, à
l’intérieur de ce mémorial, les visages qui se reflètent à la surface immobile de l’eau, on ne peut s’empêcher de se rappeler que chacun d’eux porte un nom. Je ne peux qu’imaginer la joyeuse
attente de leurs parents alors qu’ils se préparaient avec impatience à accueillir la naissance de leurs enfants. Quel nom allons-nous donner à cet enfant ? Qu’adviendra-t-il de lui, d’elle ? Qui
pouvait imaginer qu’ils seraient condamnés à un sort aussi lamentable ! Alors que nous nous tenons ici en silence, leur cri résonne encore dans nos cœurs. C’est un cri élevé contre tout acte
d’injustice et de violence. C’est le reproche perpétuel contre le sang versé innocent. »
Ils attendaient plus
Le Père Patrick Desbois, secrétaire du Comité épiscopal des évêques de France pour les relations avec le
judaïsme, suivait cet événement à nos côtés et explique : « On est dans quelque chose de très différent de ce qui s’est passé il y a neuf ans. Avec Jean-Paul II, la chaleur était
palpable. » Et force est de constater que cette belle méditation ne correspondait que partiellement à l’attente qui s’était focalisée sur cette étape, côté israélien. Une voix aussi
autorisée que celle du rabbin Meir Lau, qui se tenait debout à coté du Saint-Père dans le mémorial a expliqué au Jerusalem Post : « il manquait quelque chose. Il n’a fait aucune
mention des nazis ni des Allemands qui ont participé à cette boucherie, n’a pas eu un mot de regret.» Et cette voix, venant d’une figure par ailleurs amicale envers l’Église, n’est pas
isolée.
Bref, cette étape, qui en tant que telle était d’une qualité poignante, n’a pas suffi à apaiser les
préventions du public israélien, une attente d’ailleurs probablement exacerbée et impossible à combler.
De notre envoyé spécial, Jean-Claude Bésida
(1)Yad Vashem signifie littéralement « le mémorial du nom », pour recueillir le nom de toutes les victimes de la Shoah. Il fait référence à la phrase d'Isaïe 56, 5 :
« Et je leur donnerai dans ma maison et dans mes murs un mémorial (yad) et un nom (shem) qui ne seront pas effacés ».
« Hashem » est aussi une manière détournée de nommer Dieu dans la religion juive.
Source: www.famillechretienne.fr