Comme on l’a vu, la foi en la résurrection du Christ est au cœur du kérygme. L'enjeu de la proclamation de la Bonne Nouvelle ne fait aucun doute, depuis que les Apôtres ont fait l'expérience de l’éternel Vivant. Sans la résurrection de Jésus Christ, la vie humaine n'aurait d'avenir que son horizon terrestre. Et pour bien des gens, cet horizon peut être embrassé d'un regard assez rapide. Sans la reconnaissance de la résurrection de Jésus, il n'y a pas d'authentique foi chrétienne. À certains chrétiens de Corinthe qui commençaient à douter de la résurrection, saint Paul ne rappelle-t-il pas avec fermeté que si les morts ne ressuscitent pas, le Christ non plus n'est pas ressuscité. Et si le Christ n'est pas ressuscité, vaine est votre foi ( 1 Corinthiens 15, 16-17)?
La foi en la résurrection du Christ est également au cœur des formulations de la foi qui viendront aux 4e et 5e siècles. Les formules de « Credo » que nous utilisons pour proclamer notre foi ne sont pas le résultat d'une génération spontanée. Le « Symbole des Apôtres » et le « Symbole de Nicée-Constantinople» sont le fruit d'une longue maturation dans la compréhension du mystère du Christ, qui ne s’est pas faite sans tâtonnement et de nombreux efforts de réflexion. À l'origine de ces formulations des vérités fondamentales de la foi chrétienne, il y a eu la première proclamation publique de la mort et de la résurrection de Jésus : Que toute la maison d'Israël le sache donc avec certitude : Dieu l'a fait Seigneur et Christ, ce Jésus que vous, vous avez crucifié (Actes 2, 36).
Le livre des Actes des Apôtres a conservé le souvenir de cette prédication quand il rapporte l'activité missionnaire des Apôtres. Le contenu essentiel de la prédication est résumé en six discours. Cinq de ces discours sont attribués à Pierre, et un à Paul. En voici la liste :
1. Le jour de la Pentecôte, Pierre s'adresse aux Juifs de Jérusalem (2, 14-41).
2. Après la guérison du boiteux à la Belle Porte, Pierre (et Jean) s'adresse à la foule, sur le parvis du Temple (3, 12-26).
3. Devant le Sanhédrin, Pierre (et Jean) doit expliquer le miracle de la guérison du boiteux (4, 9-12).
4. Pierre doit de nouveau s’expliquer, lors d’une autre comparution devant le Sanhédrin (5, 29-32)
5. Pierre annonce l’Évangile à la maisonnée de Corneille, le centurion romain, dans la ville portuaire de Césarée (10, 34-43).
6. Paul (et Barnabas) proclame l'Évangile du Christ Jésus dans la synagogue d'Antioche de Pisidie (13, 16-41).
Ces discours suivent un schéma fixe, composé des éléments suivants :
Dans le cas de la Pentecôte, des phénomènes étranges (comme un coup de vent et le feu) viennent de se produire et plongent la foule dans la stupéfaction ou provoquent des sarcasmes. Pierre réagit en invitant ses auditeurs à reconnaître dans la venue de l’Esprit l’accomplissement de l’oracle de Joël qui annonce que tout le peuple sera prophète.
On situe l’exercice du ministère de Jésus dans le temps et l’espace. On précise que Jésus est passé en faisant le bien et qu’il a été accrédité par Dieu comme un prophète habité par l’Esprit et puissant en paroles et en actes.
On souligne la responsabilité des chefs religieux dans la condamnation de Jésus alors qu’il était innocent et on la situe dans l’ensemble de l’histoire du salut.
La résurrection est l’œuvre de Dieu et est mise en opposition avec la condamnation des autorités : Vous l’avez crucifié… Dieu l’a ressuscité. Les apôtres ont reçu le mandat d’en être les témoins.
On recourt le plus souvent aux Psaumes messianiques 2 et 110 qui annoncent la glorification du Messie, de l’élu de Dieu.
La foi en Jésus Christ est libération de l’esclavage du mal et source de vie en plénitude.

Source www.interbible.org
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