Augustine Asta – Cité du Vatican
Sur une place Saint-Pierre comble, et sous un ciel gris en ce mois d’automne, le Pape Léon XIV a poursuivi lors de l’audience générale de ce mercredi 7 octobre sa réflexion sur la Constitution conciliaire Gaudium et spes. Abordant le quatrième chapitre de la première partie, consacré à la mission de l’Église dans le monde contemporain, le Saint-Père a fait remarquer que le Concile rappelle que «l’Église n’est ni “au-dessus” ni “à côté” du monde, mais qu’elle y est comme enracinée». Ajoutant ensuite en citant saint Augustin, «Mundus reconciliatus Ecclesia»: «l’Église est un monde déjà réconcilié avec Dieu; nous sommes des pèlerins sur terre et nous partageons avec ce monde sa fragilité et sa beauté.»
Tout «comme le Fils de Dieu s’est incarné pour donner la vie au monde et le réconcilier avec le Père», a-t-il affirmé, de même «l’Église habite le monde comme signe de l’incarnation de Dieu pour manifester son dessein de faire de nous tous ses enfants au sein d’une seule et grande famille humaine». C’est pourquoi a continué l’évêque de Rome, «l’Église chemine dans l’histoire au milieu des peuples et des cultures», et «cette imbrication de vie avec les peuples lui fait comprendre de plus en plus que sa mission revêt une portée historique et implique une responsabilité vis-à-vis de la manière dont se tissent les relations sociales», a-t-il insisté, citant cette fois-ci son encyclique Magnifica humanitas.
Continuant sa catéchèse, le Successeur de Pierre a soutenu que la première mission de l’Église est d’aider les personnes à s’interroger sur les questions fondamentales de la vie: «Celles qui concernent notre origine et notre destin, ainsi que celles qui portent sur le sens de l’amour et de la souffrance.»
La mission de l’Église, a-t-il poursuivi, se réalise également en contribuant à la construction de la cité terrestre, comme le rappelle les Pères du Concile. Cependant, a noté le Pape, «ses méthodes et sa finalité ne sont pas avant tout d’ordre politique, mais consistent dans le témoignage de la foi et de la charité, ainsi que dans l’engagement en faveur de la justice, de la paix et de la fraternité.» En promouvant le bien commun, «le croyant ne peut accepter l’oppression des petits et des pauvres, ni les structures inéquitables qui perpétuent des conditions de dépendance et d’injustice». «Ce que l’Église, désire par-dessus tout, c’est de pouvoir se développer librement, à l’avantage de tous, sous tout régime qui reconnaît les droits fondamentaux de la personne, de la famille, et les impératifs du bien commun», a expliqué le Successeur de Pierre.
S'attardant toujours sur la mission évangélique, Léon XIV, a insisté sur le fait que pour l’accomplir efficacement, il est nécessaire que «chaque baptisé s’engage à coopérer avec la grâce de l’Esprit-Saint, afin que sa foi soit vivante et s’exprime par des comportements cohérents». Gaudium et spes réserve, a-t-il précisé, «une mention particulière à la mission des fidèles laïcs qui, en vertu de leur baptême, sont appelés à animer le monde par l’esprit chrétien et la vision de l’Évangile».
Selon le Pape, l’Église est toujours attentive à ce qui se passe et se développe dans la société. Mais, a-t-il prévenu, il revient à tout le Peuple de Dieu, en particulier aux pasteurs et aux théologiens, de discerner ce qui, dans les «cultures de notre temps, mérite d’être pris en considération», en ayant toujours pour «critère suprême de discernement la Parole de Dieu et la Tradition de l’Église». Cela, de l’avis du Saint-Père, «exige un esprit équilibré et libre de toute mode culturelle, capable de porter un regard positif sur le monde tout en restant ferme dans la sauvegarde et la présentation du message évangélique dans son intégralité.» En effet, «ce n’est certainement pas en édulcorant les contenus et en baissant les exigences que l’on peut rendre le christianisme attirant», a-t-il continué, reprenant ainsi les propos de son discours le 28 mai dernier à la séance plénière du dicastère pour l’Évangélisation - Section fondamentales de l’évangélisation - .
Poursuivant sa réflexion, le Pape a détaillé que «l’Église, tout en cheminant dans l’histoire, tend vers un but unique: que vienne le règne de Dieu et que s’établisse le salut du genre humain.» Ajoutant aussi qu’elle «tend vers ce but avant tout par la sainteté personnelle et l’amour fraternel». «Sans cette marque de sainteté, notre parole fera difficilement son chemin dans le cœur de l’homme de ce temps. Elle risque d’être vaine et inféconde», a-t-il encore lancé citant son prédécesseur Paul VI.
Léon XIV a conclu sa catéchèse, en souhaitant que nous puissions nous rendre «dociles à l’action du Saint-Esprit, afin qu’il nous aide à vivre dans la sainteté et la charité, pour que le monde puisse croire et espérer.»
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