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Myriam Sandouno – Cité du Vatican
À l’occasion du 40e anniversaire de la Journée mondiale de prière pour la paix convoquée par saint Jean-Paul II le 27 octobre 1986, Léon XIV qui, suivant les conseils de ses médecins, ne s'est pas rendu à Assise, a fait parvenir un message de proximité à tous les participants à la Rencontre internationale «Une paix désarmée et désarmante», qui prend fin ce 27 octobre. «J’aurais souhaité être parmi vous, près de la tombe de saint François, en cette importante date anniversaire, pour voir vos visages et donner ensemble un beau témoignage: vivre en frères et sœurs, c’est déjà possible», fait savoir le Souverain pontife dans un message vidéo rendu public ce mardi.
Tout comme l'avait fait saint Jean-Paul II, Léon XIV invite aujourd’hui à «continuer à vivre l’Esprit d’Assise». «C’est précisément en ces temps de culture de la puissance qu’il est nécessaire de faire grandir l’Esprit d’Assise, qui est le refus de la légitimation religieuse de la guerre, un esprit de médiation et de dialogue, une expérience contemplative et une action créative pour un avenir de paix», soutient-il. En effet, pour Léon XIV, «la paix doit redevenir l’idéal commun des peuples, l’étoile qui guide chacun de nos choix, le critère qui démasque l’injustice, l’horizon commun de tous les peuples».
Le Souverain pontife encourage à reconstruire la paix partout, et «non préparer d’autres guerres». La guerre, affirme-t-il, «ne peut jamais être menée au nom de Dieu. Pour nous, croyants, ‘‘combattre au nom de la religion revient, en réalité, à porter atteinte à la religion elle-même’’ (Magnifica humanitas, n. 223). Il n’y a pas de guerre sainte, précise le Pape, seule la paix est sainte».
La force de la prière
C’est pourquoi, poursuit l’évêque de Rome, le chemin entamé à Assise dans la «recherche commune de la paix est, avant tout, celui de la prière». Le Pape a ensuite mis l’accent sur l’importance de la prière qui peut «sembler faible face aux puissances du monde», mais «est la force humble des croyants. Nous nous adressons à Dieu qui donne la paix: qu’Il touche le cœur de ceux qui veulent la guerre et le terrorisme». «Et n’oublions pas, précise-t-il: on ne prie jamais en vain. La prière est une école de dialogue avec Dieu, avec les personnes et avec toutes les créatures».
Léon XIV a tourné son regard vers saint François, dont l'Église célèbre le huitième centenaire de sa mort. Le parcours d’Assise engage les responsables religieux à «favoriser un climat de dialogue entre les fidèles et au sein de la société», explique-t-il, afin «que le langage de l’arrogance cède la place à celui de la paix, de la négociation et de la compréhension». Cela permettra «d’éloigner progressivement l’humanité de la spirale de la violence».
Après 1989, beaucoup soutenaient que la mondialisation garantirait au monde une paix stable. Malheureusement, comme l’a écrit Léon XIV dans Magnifica humanitas, «on a confié presque aveuglément aux marchés la capacité de produire bien-être, démocratie et stabilité, alors qu’en réalité la mondialisation n’a pas généré automatiquement l’unité et la paix», mais a suscité des «réactions fondamentalistes, identitaires et nationalistes».
Dans ce contexte, fait remarquer le Successeur de Pierre, «nous assistons à une réhabilitation inquiétante de la guerre en tant qu’instrument de politique internationale». «Trahissant ainsi la mémoire du XXe siècle et le massacre inutile de millions de vies humaines, une fois encore» – comme on peut le lire dans le Catéchisme de l’Église Catholique – «l’accumulation des armes apparaît à beaucoup comme une manière paradoxale de détourner de la guerre des adversaires éventuels. Ils y voient le plus efficace des moyens susceptibles d’assurer la paix entre les nations».
Quarante ans après la Journée de prière pour la paix du 27 octobre 1986, le Pape Léon XIV a eu une pensée pour les patriarches et chefs religieux, «dont beaucoup, au fil des ans, ont participé activement aux différentes journées de prière et de dialogue qui se sont succédé»; pour l’Église d’Assise, les familles franciscaines, ainsi que pour le dicastère pour le Dialogue Interreligieux et la Communauté de Sant’Egidio qui ont poursuivi avec engagement la voie tracée par ses prédécesseurs. «Je trouve une consolation dans le long et fidèle chemin parcouru au cours de ces années qui a porté de nombreux fruits», a déclaré Léon XIV.
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