Encore aujourd’hui, persistent une certaine «hostilité et des violences croissantes à l'égard de ceux qui ont des convictions différentes, y compris de nombreux chrétiens». Le Pape exhorte en tant que famille chrétienne, à «ne pas abandonner nos frères et sœurs persécutés». Au contraire, a-t-il demandé, «souvenons-nous d'eux, soutenons-les, et œuvrons pour garantir les libertés que Dieu leur a données». Dans les Saintes Écritures, saint Paul rappelle en effet que: «Si un membre souffre, tous souffrent avec lui» (1 Co 12, 26). «Des paroles qui résonnent aujourd'hui dans nos cœurs, car la souffrance de tout membre du Corps du Christ est partagée par toute l'Église».
La question de la liberté religieuse a été relevée par le Souverain pontife lors de l’audience. Léon XIV soutient qu’elle est «la pierre angulaire de toute société juste, car elle préserve l'espace moral dans lequel la conscience peut se former et s'exercer». «Ancrée dans la dignité de la personne humaine, créée à l'image de Dieu et dotée de raison et de libre arbitre, elle permet aux individus et aux communautés de rechercher la vérité, de la vivre librement et d'en témoigner ouvertement», a-t-il expliqué.
L'Église catholique défend la liberté religieuse pour tous. «Le Concile Vatican II, dans Dignitatis Humanae, a déclaré que ce droit doit être reconnu dans la vie juridique et institutionnelle de chaque nation (cf. 7 décembre 1965, 4)» a rappelé l’évêque de Rome. Pour lui, la défense de la liberté religieuse ne peut donc rester abstraite; elle doit être vécue, protégée et promue dans la vie quotidienne des individus et des communautés. «Lorsque cette liberté est refusée, a fait remarquer le Pape, la personne humaine est privée de la capacité de répondre librement à l'appel de la vérité». «Il s'ensuit une lente désintégration des liens éthiques et spirituels qui soutiennent les communautés; la confiance cède la place à la peur, la suspicion remplace le dialogue et l'oppression engendre la violence», a-t-il déclaré.
Le Saint-Père note que le rapport de l’AED sur la liberté religieuse dans le monde est un «puissant instrument de sensibilisation». «Il ne se contente pas de fournir des informations; il témoigne, donne la parole à ceux qui ne peuvent s'exprimer et révèle les souffrances cachées de nombreuses personnes».
Concluant son discours, le Pape Léon XIV a salué le travail de solidarité des membres de la fondation pontificale effectué depuis plus de vingt-cinq ans, et dont l’engagement s'étend également au soutien de la mission de l'Église à travers le monde en atteignant des communautés trop souvent isolées, marginalisées ou sous pression. Au Pérou, notamment dans le diocèse de Chiclayo, terre de mission de l’Augustinien Robert Francis Prevost durant des années, l’AED a soutenu de nombreuses missions, s’en souvient encore Léon XIV. «Partout où l'Aide à l'Église en Détresse reconstruit une chapelle, soutient une religieuse ou fournit une station de radio ou un véhicule», elle «renforce la vie de l'Église, ainsi que le tissu spirituel et moral de la société», a dit le Pape.